Biodiversité locale et urbanisation

Le 08 avril 2005 par Ludivine Hamy
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Le programme de recherche Ecorurb, piloté par l’Institut national de recherche agronomique (Inra) de Rennes (1), a pour objectif de comprendre les effets de l'urbanisation sur la biodiversité locale et sur l'émergence de risques biologiques.

Unique en son genre au niveau européen, le programme Ecorurb (Ecologie du rural vers l'urbain) regroupe 26 chercheurs (géographes, climatologues, écologistes, biologistes, sociologues) sur Rennes et Angers, tous impliqués dans l'étude de l'évolution de la faune et la flore en milieu urbain et périurbain. Parce que les collectivités sont de plus en plus confrontées à la gestion d'espaces à caractère naturel sur leur territoire, ainsi qu'à des problèmes d'invasion d'espèces animales et végétales, les chercheurs tentent de comprendre les modalités d'installation de la faune et de la flore dans ces espaces, afin de préserver la biodiversité, prévoir les risques biologiques et édifier les bases d'une gestion adaptée.

«Le programme répond à une forte demande sociale. Les élus veulent savoir comment gérer la nature dans la ville. Cette question a des implications considérables en termes d'urbanisme et même d'architecture, explique Philippe Clergeau, écologue à l'Inra et coordonnateur du projet. En effet, les cahiers des charges actuels des promoteurs immobiliers favorisent essentiellement des facteurs comme le nombre de places de parking. Or, à terme, il leur faudra également envisager la prise en compte du facteur naturel dans leurs programmes de construction.»

L'originalité du programme Ecorurb repose sur l'association de travaux d'observation et d'expérimentation. Douze sites boisés d'environ un hectare ont ainsi été retenus à Rennes, notamment dans le parc du Thabor. Pour plusieurs de ces sites, l'environnement va évoluer au cours de l'étude vers une urbanisation importante: projets routiers, installations de parking, constructions de maisons ou d'immeubles… En outre, sur cinq stations expérimentales, le sol a été stérilisé afin de suivre l'apparition et l'installation de la flore et de la faune.

Pour l'heure, les premiers résultats de l'étude font apparaître l'existence d'îlots de chaleur en zone urbaine. On constate ainsi une différence de 5°C entre la ville et la campagne, ce qui explique, notamment, l'apparition de plantes méditerranéennes dans le centre ville d'Angers. De même, les analyses révèlent que les sols sont plus azotés en ville qu'à la campagne. Or il semblerait que ces teneurs ne soient pas liées à des entrants volontaires (engrais) mais aux retombées des pluies et à la pollution atmosphérique. Autre phénomène suivi par le programme: les populations d'étourneaux élisent de plus en plus domicile en ville, notamment la nuit, ce qui n'est pas sans poser de sérieux problèmes de gestion pour les élus.

«Nous n'en sommes encore qu'aux tout premiers résultats, souligne Philippe Clergeau. Il nous faut attendre encore avant de pouvoir dresser avec certitude les premières conclusions scientifiques. Nous avons volontairement inscrit le programme sur le long terme (2003-2012) afin d'avoir un véritable recul sur l'empreinte écologique de la ville.» Des projets de mutualisation d'expériences similaires sont en cours d'élaboration, avec des chercheurs du Lubéron, de Suède ou d'Allemagne.



(1) en partenariat avec le CNRS, les universités de Rennes 1 et 2, la ville de Rennes, et Rennes métropole




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