Biodiversité: les objectifs d’Aichi en mauvaise voie

Le 06 octobre 2014 par Romain Loury
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D'ici 2020, il faut accélérer le pas
D'ici 2020, il faut accélérer le pas
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Les objectifs d’Aichi pour la biodiversité ont bien peu de chances d’être tenus d’ici à 2020, selon un rapport publié en ouverture de la 12ème conférence des parties (COP12) à la Convention sur la diversité biologique, qui a début lundi à Pyeongchang (Corée du Sud). Sur les 56 indicateurs retenus, seuls 5 devraient être atteints au rythme actuel.

«La plupart [des] objectifs sont encore réalisables, bien que difficilement», estime diplomatiquement ce quatrième rapport onusien sur «Les perspectives mondiales de la diversité biologique» (GBO-4), présenté à  mi-parcours du Plan stratégique 2011-2020.

Malgré plusieurs progrès, le bilan est loin d’être reluisant: sur les 56 indicateurs retenus (pour 20 objectifs d’Aichi), seuls 5 devraient être atteints, 10 stagnent, 5 se dégradent et 33 progressent à un rythme insuffisant -3 n’ont pu être évalués.

Parmi les mieux engagés, la protection d’au moins 17% des zones terrestres d’ici à 2020 devrait être atteinte, et c’est déjà chose faite dans un quart des pays. Bémol, «la biodiversité ne peut pas être sauvegardée simplement en créant de nouvelles aires protégées».

Cela semble encore trop souvent le cas: «les réseaux de zones protégées demeurent peu représentatifs et de nombreux sites particulièrement importants pour la diversité biologique sont  mal conservés», juge l’ONU. Sans compter une gestion trop souvent inefficace de ces aitres terrestres protégées.

Quant à l’objectif de protéger 10% des zones côtières, il devrait être atteint d’ici à 2020. Pour la haute mer et les grands fonds marins, on est encore très loin, en-dessous de 3%.

Des extinctions probables d’ici à 2020

Aucun progrès n’est en revanche observé en matière de conservation des espèces. Pour celles reconnues comme menacées, «de nouvelles extinctions d’espèces sont probables d’ici à 2020, par exemple pour les amphibiens et les poissons. Pour les espèces d’oiseaux et de mammifères certaines mesures ont empêché des extinctions».

Quant à l’autre indicateur sur les espèces, celui selon lequel «l’état de conservation [de celles] dont le déclin est le plus accentué a été amélioré et maintenu», il fait partie des 5 qui se dégradent. Le WWF a déjà dressé ce sombre constat  fin septembre: selon son rapport, la taille des populations de vertébrés a diminué de 52% entre 1970 et 2010, un déclin s’élevant à 76% chez les espèces d’eau douce.

La destruction des habitats se poursuit

La situation est aussi mauvaise en termes de préservation de l’habitat. Certes la déforestation décélère en Amazonie brésilienne, mais elle reprend de plus belle ailleurs, notamment en Asie du sud-est. Avant même leur destruction, la dégradation et la fragmentation des habitats naturels ne cesse de progresser.

Exemple, les fleuves et rivières: «malgré la tendance, dans les pays industrialisés, à éliminer les petits barrages, le rythme de construction de nouveaux grands barrages s’accélère en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique, avec le risque de fragmenter davantage les habitats d’eau douce».

Egalement en nette régression, la situation des récifs coralliens: «les pressions, telles que la pollution terrestre et le tourisme incontrôlé, sont toujours en hausse, bien que de nouvelles aires marines protégées pourraient réduire la surpêche dans certaines régions coralliennes», estime le rapport.

Eutrophisation en hausse

Du côté de la pollution, l’ONU note une dégradation de l’eutrophisation au niveau mondial: elle s’est certes «stabilisée dans certaines zones d’Europe et d’Amérique du Nord, mais les prévisions indiquent qu’elle s’accroîtra dans d’autres régions, et elle demeure une menace significative à la biodiversité aquatique et terrestre». Quant aux autres  formes de pollution, «comme celles causée par les produits chimiques, les pesticides et les plastiques, elles sont en hausse».

Pour les experts, 70% des pertes de diversité biologique ont un lien, direct ou indirect, avec l’agriculture, qui doit combler une demande alimentaire croissante. L’Onu fait part d’une timide amélioration: «les superficies gérées de manière durable sont à la hausse, sur la base de la certification biologique et de l’agriculture de conservation».



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