Biodiversité : le déclin va se poursuivre au XXIe siècle

Le 26 octobre 2010 par Sabine Casalonga
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Une large étude internationale publiée ce jour dans Science[1] prédit une poursuite inévitable du déclin de la biodiversité au cours du siècle, tout en identifiant les options politiques qui le pourraient ralentir.

Conduite sous les auspices de plusieurs institutions internationales, dont le secrétariat de la Convention pour la diversité biologique (CDB), l’étude menée par Henrique Miguel Pereira de l’université de Lisbonne et Paul Leadley de l’université Paris Sud, aux côtés de 23 scientifiques de 9 nationalités, a comparé 5 évaluations récentes de l’environnement mondial ainsi que d’autres résultats scientifiques, afin d’analyser les scénarios d’avenir pour la biodiversité terrestre, aquatique et marine.

Toutes les études convergent pour dire que des changements fondamentaux dans la société sont nécessaires pour éviter un risque élevé d’extinction, de déclin et de modification à large échelle des distributions futures des espèces. « Il n’y a plus de doute sur le fait que les voies de développement du business-as-usual vont conduire à une perte de biodiversité catastrophique, déclare Paul Leadley. Même les scénarios optimistes pour notre siècle prédisent des extinctions et des baisses de population parmi de nombreuses espèces ». L’objectif visant à stopper l’érosion de la biodiversité d’ici 2020 est selon lui « irréaliste ».

L’étude éclaire toutefois des pistes. Des mesures visant à ralentir le changement climatique et la déforestation peuvent ainsi bénéficier à la biodiversité, à condition d’éviter une conversion massive des forêts en plantations pour la production de biocarburants. Ces décisions devront être prises rapidement. Un choix politique actuel pourra conduire soit à une augmentation de la couverture forestière de près de 15 % d’ici 2030, dans le meilleur des cas, soit à une perte de plus de 10 %, selon le pire des scénarios.

Pour les auteurs, la création de la plate-forme intergouvernementale science-politique sur la biodiversité et les systèmes écosystémiques (IpBes) est « extrêmement importante ». La décision qui pourrait être prise à la fin de l’année lors de l’Assemblée générale de l’ONU dépendra de la prochaine issue de la conférence de Nagoya qui s’achève le 29 octobre [voir le JDLE]. « Les problèmes sont tellement urgents et les enjeux si importants pour l’humanité que les scientifiques doivent se rassembler au sein de l’IpBes pour informer les décideurs politiques avec une voix uniforme et autoritaire », affirme Henrique Miguel Pereira.

La création de cet équivalent du Giec[2] pour la biodiversité pourrait aussi permettre de réduire l’incertitude dans les scénarios actuels. Les modèles prédisent des taux d’extinction allant de moins de 1 % des espèces par siècle (proche du taux actuel) à plus de 50 %.

Dans le JDLE «  Biodiversité: ‘Il faut tout faire pour éviter les seuils critiques’ »

 



[1] « Scenarios for Global Biodiversity in the 21st Century » Pereira HM, Leadley P Science (26 octobre 2010)

 

[2] Giec : Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat



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