Biodiversité: le constat «toujours plus alarmant» de l’UICN

Le 13 juin 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'indri, en danger critique
L'indri, en danger critique
DR

Les lémuriens et les orchidées demeurent parmi les groupes d’espèces les plus en danger d’extinction, selon une nouvelle mise à jour de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

«Un état des lieux toujours plus alarmant», estime l’UICN dans la nouvelle mouture de sa Liste rouge, qui attribue aux espèces, animales ou végétales entre autres, un statut selon leur niveau de conservation. Parmi les 73.686 analysées à ce jour, 22.103 sont ainsi menacées d’extinction, soit 817  de plus que lors de la version précédente (novembre 2013), qui portait sur 71.576 espèces.

Parmi celles que l’UICN a décidé de mettre en avant cette fois-ci, les orchidées de la sous-famille des Cypripedioideae, qui vivent dans les zones tempérées de l’hémisphère nord. Ce groupe, qui inclut le fameux sabot de Vénus, compte ainsi 79% d’espèces menacées d’extinction. «Presque éteinte, Cypripedium lentiginosum, une espèce classée ‘en danger’ ne compte plus que 100 spécimens dans le sud-est du Yunnan, en Chine, et dans la province de l’Ha Giang, au Vietnam», ajoute l’UICN.

La disparition des orchidées «est en grande partie due à la destruction de leur habitat et à la cueillette excessive des espèces sauvages pour le commerce local et international, et ce, malgré le fait que le commerce international [alimenté avant tout par la culture en serre, ndlr] de toutes les espèces d’orchidées de cette sous-famille soit réglementé», poursuit-elle.

Du côté des animaux, l’UICN tire la sonnette d’alarme pour les lémuriens: sur les 101 espèces existantes, dont 99 vivent à Madagascar, 22 sont en «danger critique» -dont le plus grand d’entre eux, l’indri de grande taille-, 48 sont «en danger» -dont le plus petit primate du monde, le microcèbe de Mme Berthe - et 20 sont «vulnérables».

«Les lémuriens sont principalement menacés d’extinction en raison de la destruction de leur habitat naturel, la forêt tropicale de Madagascar, où l’instabilité politique et la pauvreté croissante ont accéléré l’exploitation illégale du bois», indique l’UICN, qui évoque aussi «la chasse de ces animaux pour se nourrir».

Quelques bonnes nouvelles

Parmi les rares succès, l’UICN évoque la réintroduction en Israël de l’ablette du Yarkon, poisson d'eau douce désormais «vulnérable» alors qu’il était «éteint à l’état sauvage». Raison de sa disparition, des sécheresses de plus en plus fréquentes et le pompage d’eau pour l’irrigation. Huit ans après un lâcher de 9.000 individus nés en captivité, «leur population a augmenté considérablement».

Voilà qui démontre que, dans un domaine plutôt coutumier des mauvaises nouvelles, des améliorations sont possibles. Ainsi, la hausse des grands carnivores en Europe, alors qu’on les y croyait en déclin inéluctable, s’avère très encourageante. Certaines espèces se portent même «relativement bien» dans certaines régions, tels l’ours brun, le loup, le lynx d’Eurasie et le glouton, estime la Commission européenne.

Parmi ces grands prédateurs européens, le lynx pardelle reste en revanche «gravement menacé», ajoute-t-elle. Un constat dressé mardi 10 juin, à l’occasion du lancement d’une plateforme réunissant agriculteurs, chasseurs associations et scientifiques, afin de gérer au mieux la cohabitation avec l’homme.

Dans un tout autre habitat, le requin blanc, considéré comme «vulnérable» par l’UICN, semble reprendre du «poil» de la bête sur la côte atlantique des Etats-Unis, en particulier depuis l’interdiction complète de leur pêche, commerciale ou pour le loisir, en 1997. C’est ce que révèle une étude publiée mercredi 11 juin dans la revue PLoS ONE, reposant sur l’observation ou des captures accidentelles.

Un peu plus au nord, l’ours polaire, «vulnérable» et en déclin selon l’UICN (qui estime la population mondiale de 20.000 à 25.000), fait partie de ces espèces [1] qui pourraient intégrer la Convention de Bonn sur la conservation des espèces migratrices (CMS) en novembre prochain, lors d’une conférence prévue début novembre à Quito (Equateur).

Formulée par la Norvège, cette demande pourrait faire l’objet de pressions du Canada - non membre du CMS-, très réticent à reconnaître le risque qu'encourt l’animal du fait du réchauffement climatique, rappelle Zak Smith, expert californien des mammifères marins au National Resources Defense Council (NRDC), sur son blog.

Mi-avril, ce pays s’est d’ailleurs illustré en reclassifiant la baleine à bosse d’«espèce menacée» à «espèce préoccupante». Ce qui facilitera un projet d’oléoducs, le Northen Gateway, reliant les gisements de pétrole issus des sables bitumineux de l’Alberta à la côte pacifique de la Colombie-Britannique, là ou baignent les cétacés (voir le JDLE).

[1] Avec le lion, la raie manta, le requin marteau, le requin soyeux et le poisson-scie (voir le JDLE).



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus