Biodiversité: la Commission désigne 37 espèces envahissantes

Le 18 juillet 2016 par Marine Jobert
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Une écrevisse américaine.
Une écrevisse américaine.
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La Commission européenne a publié la première liste des espèces considérées comme envahissantes. Ces espèces ne pourront plus être conservées, transportées, reproduites ou relâchées intentionnellement. Leur présence sur le territoire européen coûterait chaque année près de 12 milliards d’euros.

14 végétaux, 11 animaux terrestres et amphibiens, 3 oiseaux, 5 crustacés, 2 poissons, un insecte et un raton-laveur (sic). La Commission européenne a publié le 13 juillet une première liste de 37 espèces invasives[1] présentes sur le territoire européen, un an et demi après l’entrée en vigueur d’un règlement de 2014 consacré à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes.

La France hébergerait 27 des 37 espèces invasives listées par l’Union. Le ministère de l’environnement a estimé que les quelque 600 espèces exotiques envahissantes recensées sur son territoire coûteraient chaque année 38 M€, dont 19 millions pour le temps de travail et les frais de fonctionnement dépensés au titre de la gestion de ces nouveaux arrivants, et 19 autres millions pour les dommages sanitaires et les «impacts résiduels», dont le surcoût de protection des espèces autochtones et des espaces naturels. Un coût largement sous-estimé, faute de données sur les dommages occasionnés à la biodiversité.

12.000 espèces exotiques

Le corbeau commun y côtoie la grande camomille, le ragondin, l’écrevisse américaine et le frelon asiatique. Leur présence coûterait, chaque année, quelque 12 milliards d’euros en soins de santé, en perte de récoltes ou de stocks de poissons, en dégâts sur des infrastructures, sur la navigabilité des cours d'eau ou même sur d'autres espèces protégées. Environ 12.000 espèces, plantes, animaux, champignons ou micro-organismes, se sont installées en Europe et environ 15% sont devenues envahissantes, estime la Commission.

Reproduction interdite

Concrètement, ces espèces ne pourront plus être conservées, transportées, reproduites ou relâchées intentionnellement. Les vendeurs auront de leur côté deux ans pour écouler leurs stocks et les particuliers peuvent attendre le décès de leur animal, sous réserve de ne pas encourager leur reproduction.

L’Europe est dotée d’un réseau européen d’information sur les espèces exotiques (European Alien Species Information Network ou EASIN), qui recense 13.995 espèces invasives. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a publié en février 2016 un guide à destination des entreprises, propriétaires ou gestionnaires d'espaces fonciers pour gérer la présence d'espèces exotiques envahissantes sur leurs sites.

Etats compétents

Tout en reconnaissant qu’il peut être «impossible dans certains cas de supprimer ces espèces de manière efficace étant donné les coûts que cela engendrerait», la Commission estime que leur inscription sur cette liste permettra la mise en œuvre de mesures «d'un bon rapport coût/efficacité (…) pour éviter de nouvelles introductions ou la propagation sur le territoire de l'Union». Notamment en encourageant leur détection précoce et leur éradication rapide et en assurant leur gestion, y compris par la pêche, la chasse et la capture. La réglementation européenne permet également de capturer les animaux et de les enfermer dans des zoos jusqu'à leur mort naturelle. Autant d’actions qui devront être menées dans le cadre d'un programme de gestion national.

 



[1] Baccharis halimifolia L, Cabomba caroliniana Gray, Callosciurus erythraeus Pallas, 1779, Corvus splendens Viellot, 1817, Eichhornia crassipes (Martius) Solms, Eriocheir sinensis H. Milne Edwards, 1854, Heracleum persicum Fischer, Heracleum sosnowskyi Mandenova, Herpestes javanicus É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1818, Hydrocotyle ranunculoides L. f., Lagarosiphon major (Ridley) Moss, Lithobates (Rana) catesbeianus Shaw, 1802, Ludwigia grandiflora (Michx.) Greuter & Burdet, Ludwigia peploides (Kunth) P.H. Raven, Lysichiton americanus Hultén & St. John, Muntiacus reevesi Ogilby, 1839, Myocastor coypus Molina, 1782, Myriophyllum aquaticum (Vell.) Verdc., Nasua nasua Linnaeus, 1766, Orconectes limosus Rafinesque, 1817, Orconectes virilis Hagen, 1870, Oxyura jamaicensis Gmelin, 1789, Pacifastacus leniusculus Dana, 1852, Parthenium hysterophorus L., Perccottus glenii Dybowski, 1877, Persicaria perfoliata (L.) H. Gross (Polygonum perfoliatum L.), Procambarus clarkii Girard, 1852, Procambarus fallax (Hagen, 1870) f. virginalis, Procyon lotor Linnaeus, 1758, Pseudorasbora parva Temminck & Schlegel, 1846, Pueraria montana (Lour.) Merr. var. lobata (Willd.) (Pueraria lobata (Willd.) Ohwi), Sciurus carolinensis Gmelin, 1788, Sciurus niger Linnaeus, 1758, Tamias sibiricus Laxmann, 1769, Threskiornis aethiopicus Latham, 1790, Trachemys scripta Schoepff, 1792, Vespa velutina nigrithorax de Buysson, 1905.

 



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