Biodiversité: déforestation et réchauffement, un cocktail explosif

Le 21 juin 2018 par Romain Loury
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La forêt régresse plus vite que jamais
La forêt régresse plus vite que jamais

L’effet du changement climatique sur la biodiversité devrait fortement s’accroître au cours des prochains décennies, jusqu’à devenir une cause aussi importante de disparition des espèces que les changements d’usage des sols, selon une étude britannique publiée dans les Proceedings of the Royal Society B.

S’il est déjà manifeste, le changement climatique demeure à ce jour une menace secondaire pour la biodiversité, loin derrière l’agriculture, la déforestation et la surpêche. Nul doute que ces effets vont s’accroître et ce, de manière rapide, révèle l’étude de modélisation conduite par Tim Newbold, du Centre de recherche sur la biodiversité et l’environnement à l’University College de Londres.

«C’est la première fois qu’une étude évalue les effets combinés du changement climatique et du changement d’usage des sols sur la biodiversité des vertébrés au niveau local sur l’ensemble de la surface terrestre», explique le chercheur.

Jusqu’à 37,5% d’espèces en moins

Selon ses estimations les plus pessimistes, reposant sur un scénario tendanciel d’émissions de gaz à effet de serre (l’un des RCP8.5 définis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat[1]), 37,5% des espèces actuelles de vertébrés pourraient avoir disparu d’ici 2070, dont 28,8% du seul fait du changement climatique. Parmi les régions les plus touchées, les zones tropicales, tandis que les zones tempérées résisteront mieux.

En 2070, 43,9% à 65,2% de la surface terrestre auront perdu 20% de leurs espèces de vertébrés, seuil au-delà duquel on estime qu’un écosystème est profondément affaibli, prédit Tim Newbold.

Déforestation à plein régime

Présentée lors de la conférence internationale ‘Intact Forests in the 21st Century’, qui s’est achevée mercredi 20 juin à Oxford (Royaume-Uni), une étude menée par observation satellitaire a révélé que la déforestation ne cessait de s’accélérer à travers le monde. Sur la période 2014-2016, ce sont 90.000 kilomètres carrés de forêts primaires (environ la superficie de l’Autriche) qui ont disparu chaque année dans le monde.

Par rapport à la période 2000-2013, la Russie a ainsi vu son rythme annuel de déforestation s’accroître en moyenne de 90% sur la période 2014-16, contre 62% pour l’Indonésie et 16% pour le Brésil. A ce rythme, plusieurs pays, comme la Guinée équatoriale, le Laos et le Paraguay auront perdu toutes leurs forêts primaires en 2030. Idem, à l’horizon 2040, pour l’Angola,la Birmanie, le Cambodge, la Centrafrique et le Nicaragua.



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