Biodiversité: comment mobiliser ses salariés (et les dirigeants)

Le 10 juillet 2018 par Marine Jobert
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La biodiversité, atour pour l'entreprise.
La biodiversité, atour pour l'entreprise.
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Protéger la nature dont elles tirent profit, ou qu’elles doivent détruire pour simplement exister… les entreprises ont à gagner en augmentant leurs connaissances et leurs actions en faveur de la biodiversité, assure l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) France. Reste à savoir mobiliser les troupes.

 

Ce sont des cimentiers, des constructeurs d’autoroute, des acteurs des déchets ou de l’énergie. Une fondation pour la protection de l’environnement. Des sociétés, parfois transnationales, qui affichent un engagement public en faveur de l’environnement. Et qui veulent que cela se sache. A l’instar des partenariats avec les entreprises qui financent le WWF, l’UICN France publie un état des lieux des pratiques qui ont été déployées pour sensibiliser et mobiliser les salariés en faveur de la biodiversité. «Comme tous les compartiments du vivant, une entreprise forme un écosystème. (…) Rêvons ensemble que chaque entreprise, en mobilisant avec elle ses salariés, soit un écosystème vivant, productif, qui apporte son aide, son soutien, son efficacité, à toute la communauté du vivant», écrit en introduction François Letourneux, le vice-président du comité français de l’UICN.

D’EDF à FNH

Sans l’implication des salariés, les engagements des entreprises en faveur de la biodiversité, «afin de limiter leurs impacts et contribuer à sa préservation» ne servent à rien, estime l’UICN et son groupe de travail Entreprises et biodiversité, qui rassemble 70 participants[1]. A l’aide d’une dizaine d’encarts qui reprennent les actions engagées dans autant de structures, se dégage une palette d’actions, qui vont du chantier nature au concours de nichoirs, en passant par le don de temps pour un projet associatif ou d’argent via un micro-don ponctionné sur le salaire.

Adhésion mesurée

A quoi cela sert-il? Essentiellement à enrichir les connaissances des salariés en matière de biodiversité et à illustrer -parfois- le lien entre celle-ci et leurs activités, leurs métiers et les objectifs de l’entreprise. «La biodiversité contribue à donner un sens supplémentaire au travail quotidien», assure l’IUCN, qui souligne que «les projets de biodiversité peuvent être très fédérateurs» et permettre de «développer une fierté vis-à-vis des actions entreprises». Ce n’est pas pour autant le raz-de-marée dans les couloirs, car les taux de participation restent souvent faibles en raison d’un manque de temps (et parfois d’intérêt). Sans compter que les actions ne sont pas toujours bien valorisées en interne, et notamment par les supérieurs hiérarchiques. 

                                                            

RSE

A l’échelle des entreprises, l’argumentaire porte davantage sur leur responsabilité vis-à-vis des enjeux de la biodiversité, et ce d’autant plus quand elles tirent profit de biens et de services rendus par la nature et que la biodiversité contribue à leur fonctionnement économique (plantes utilisées dans les médicaments, pollinisation, dépollution des eaux et des sols par les plantes et micro-organismes, utilisation de l’eau pour les activités hydroélectriques, bois pour le chauffage, etc.). A l’échelle d’un groupe, l’UICN recommande que le message soit passé comme «une obligation à respecter, émanant de la direction» ou comme «une contribution du salarié à la stratégie de son entreprise (responsabilité sociale de l’entreprise, par exemple) en vue d’atteindre les objectifs fixés». C’est également un enjeu d’image, de réputation, mais aussi de réglementation. «L’argumentaire sur la règlementation est essentiel, bien qu’il amène parfois à considérer la biodiversité comme une contrainte.»

La nature, composante de l’entreprise

L’argumentaire financier est également de poids, via notamment le déploiement de nouvelles pratiques de gestion écologique réduisant les dépenses (exemple: tontes espacées, espaces gérés sans utilisation de phytosanitaires), et d’actions utilisant les services rendus par les écosystèmes à la place d’aménagements de génie civil plus coûteux (comme la protection ou la restauration de zones humides pour limiter les crues). Une prise en compte efficace de la biodiversité représente aussi des coûts évités par rapport à des dommages environnementaux que l’entreprise devra réparer si les enjeux n’ont pas été suffisamment évalués et gérés. Parallèlement, la biodiversité est aussi abordée comme une dépense d’investissement pouvant induire des coûts à court terme, mais dont il faut souligner la valeur positive sur le long terme, insiste l’UICN: «Elle est ainsi reconnue comme une composante du capital de l’entreprise, son capital naturel.»

 


[1] Veolia, EDF, Engie, GSM HeidelbergCement Group, Eqiom, l’Occitane en Provence, la Fondation pour l’homme et le progrès.

 



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