- 

Biodiversité : ce que veut l’Ifremer

Le 26 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'Ifremer pourrait se lancer à la poursuite d'Architeutis dux.
L'Ifremer pourrait se lancer à la poursuite d'Architeutis dux.

L'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) ne pouvait rester en dehors de l’année de la biodiversité. Son président vient de remettre au gouvernement un rapport qui préfigure sa stratégie en la matière. Revue de détails.

 

Disposant de la seconde zone économique exclusive du monde, la France est responsable du maintien de la biodiversité de milieux aussi différents que les barrières de corail de Nouvelle-Calédonie, les grands fonds des Kerguelen, les lagons de Polynésie ou la bande littorale de Saint-Pierre-et-Miquelon. Au total, grâce aux confettis d’empire, le drapeau tricolore est susceptible de flotter sur 11 millions de kilomètres carrés d’océan. Un océan que l’on connaît bien mal. D’où l’importance de relancer la recherche sur cet univers mystérieux et dont les ressources restent considérables.  

 

C’est tout l’objet du rapport que Jean-Yves Perrot, le PDG de l’Ifremer, a remis ce jeudi 26 août à la secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno. Intitulé « Biodiversité en environnement marin », ce document de 138 pages est, en fait, le résultat d’une expertise collective, ayant associé des chercheurs de nombreuses disciplines et d’horizons très différents.

 

A la réponse qui leur était posée (en gros, quelle pierre l’Ifremer peut-elle apporter à la lutte contre la réduction de la biodiversité marine ?), les 20 chercheurs, français et étrangers, apportent plusieurs réponses.

 

Tout d’abord, la commission d’experts a identifié 5 axes prioritaires de recherche : définir et cataloguer les caractéristiques de la biodiversité marine ; comprendre les processus qui régissent la variété, la quantité, et la qualité des gènes ; élucider les mécanismes par lesquels les composants de la biodiversité influencent les fonctions des populations ; comprendre comment les fonctions des écosystèmes répondent aux pressions humaines et environnementales. Enfin, les chercheurs demandent que l’Ifremer propose des mesures pour protéger, conserver ou restaurer la biodiversité marine.

 

Ces principes seraient concrètement déclinés en une demi-douzaine de projets fédérateurs. Le premier porterait sur les efflorescences de micro-algues toxiques. Bien au large, les scientifiques de l’institut devraient travailler sur le fonctionnement des écosystèmes profonds. Les cartographes seraient bien inspirés de développer les cartographies dynamiques des systèmes socio-écologiques, notamment de la Méditerranée, de la Manche et des lagons néo-calédoniens.

 

Autre sujet proposé à l’institut français : l’évaluation des politiques de conservation et de gestion des ressources marines fondées sur des outils économiques. Dit autrement : les marchés de droit d’exploitation de ressources halieutiques sont-ils efficaces pour assurer le maintien des populations ainsi gérées ?

 

L’Ifremer devrait aussi développer son expertise dans le conseil en politique de préservation de la biodiversité sur de grandes échelles. Exemple : comment réduire l’impact des futurs grands parcs éoliens offshore ?

 

Autre sujet d’actualité : le changement climatique. Les conseillers de l’institution d’Issy-les-Moulineaux préconisent de renforcer son expertise dans la prévision des conséquences du changement global sur la faune, la flore et le milieu marins.

 

Parce que ces objets de recherche sont très techniques et difficiles à vendre aux politiques et aux médias, les auteurs du rapport suggèrent aussi à l’Ifremer de mener une action de recherche « emblématique ». Ce « projet Jules Vernes » porterait sur l’étude des très mystérieux calmars géants, les fameux kraken  de la légende. Et pour ce faire, suggèrent les chercheurs, pourquoi ne pas utiliser leurs prédateurs (les cachalots) pour les filmer ? L’idée n’est pas nouvelle. Mais jusqu’à présent, les caméras accrochées (grâce à de puissantes ventouses) au nez des odontocètes n’ont pas résisté aux batailles des abysses.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus