Biodiversité: à Cancun, des engagements pour accélérer

Le 19 décembre 2016 par Romain Loury
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La COP14 sera organisée par l'Egypte en 2018
La COP14 sera organisée par l'Egypte en 2018

La 13ème conférence des parties (COP13) à la Convention sur la diversité biologique (CDB) s’est achevée samedi 17 décembre à Cancun, au Mexique. Avancée la plus notable, un engagement des Etats à mieux intégrer la biodiversité dans les politiques sectorielles, telles que le tourisme, l’agriculture, la pêche, etc.

Comme dans nombre de ces conférences internationales, le point fort en est souvent le début. En l’occurrence, c’est la déclaration de Cancun du 3 décembre, adoptée la veille de l’ouverture de cette conférence bisannuelle, qui constitue le haut fait de cette COP13. Son objectif: mieux intégrer la biodiversité dans les diverses politiques sectorielles, en particulier l’agriculture, la pêche, la gestion forestière et le tourisme.

Pour le reste, cette COP13 aura été l’occasion de rappeler le retard pris par les Etats dans les objectifs d’Aichi. Parmi les rares en bonne voie, citons celui visant à atteindre 17% d’aires protégées de zones terrestres et d’eaux intérieures d’ici 2020, ou encore l’application du protocole de Nagoya, en vigueur depuis octobre 2014.

Quant à l’objectif de protéger 10% des surfaces océaniques mondiales, les progrès s’accélèrent certes, mais «les extrapolations indiquent que nous ne sommes pas en voie de réaliser l’objectif», selon le bilan de la CDB. «Avec les engagements existants, l’objectif serait atteint pour les eaux territoriales, mais pas pour les zones économiques exclusives (ZEE) ou en haute mer», ajoute-t-elle.

Un plan d’action 2017-2020 pour accélérer

Si la plupart des indicateurs progressent, c’est à un rythme beaucoup trop lent pour être atteints d’ici 2020. Afin d’accélérer le mouvement, les 196 parties à la COP13 se sont d’ailleurs entendus sur un plan d’action 2017-2020 afin de leur permettre d’y parvenir. D’un point de vue financier, elles ont aussi proposé un doublement des financements internationaux consacrés à la biodiversité, à destination des pays en développement.

Sans surprise, il a aussi été question de climat à Cancun: saluant l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, le 4 novembre, les parties se sont engagées à mieux prendre en compte la question de la biodiversité, aussi bien en termes d’adaptation que d’atténuation, lorsqu’elles établissent leurs contributions nationales («INDC», selon l’acronyme anglais). A également été soulevé l’épineux sujet de la géo-ingénierie, dont des experts de la CDB estiment qu’elle pourrait avoir des effets délétères sur la biodiversité: prolongeant le moratoire en cours depuis 2010, les parties ont rappelé la prééminence du principe de précaution, appelant à poursuivre la recherche sur le sujet.

Pour le directeur général du WWF France, Pascal Canfin, «les gouvernements ont commencé à réellement prendre conscience du fait que la biodiversité et le climat sont les deux faces d’une même pièce, que pour atteindre un modèle de développement durable, les questions de climat et de préservation des écosystèmes naturels sont intimement liés. Nous saluons [les Etats] et les encourageons dans cette voie. Il faut à présent que cela se traduise dans les faits et ce, dès aujourd'hui».

Prochain grand rendez-vous pour la CDB, la COP14 se tiendra en 2018 en Egypte.



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