Biocarburants: Villepin attendu

Le 05 septembre 2005 par Claire Avignon
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biodiesel
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Le 1er septembre, le Premier ministre a avancé l'objectif de consommation de 5,75% de biocarburants à 2008 au lieu de 2010. Les acteurs concernés ont accueilli favorablement cette mesure mais restent sceptiques sur la capacité du gouvernement à atteindre son but.

Les promoteurs des biocarburants  se sont bien sûr réjouis de la mesure gouvernementale annoncée par le Premier ministre, lors de sa conférence de presse de rentrée. «Je me félicite de la déclaration de Dominique de Villepin, affirme Charles de Courson, député UDF et vice-président du groupe de travail sur les biocarburants à l'Assemblée nationale. Cependant, je ne vois pas comment on va pouvoir accélérer la construction des installations de biodiesel et de bioéthanol. Le problème qui se pose à l'heure actuelle est de savoir comment l'on va pouvoir tenir nos engagements européens de 2010.»

De leur côté, les agriculteurs se veulent un peu plus optimistes. «La politique annoncée par le gouvernement est parfaitement réaliste à condition que l'on s'en donne les moyens», estime Pierre Cuypers, président de l'Association pour le développement des carburants agricoles (Adeca) et chargé du développement non alimentaire pour la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). Actuellement, à cause des contraintes administratives, il faut 2 à 3 ans pour construire une usine. Une période qui pourrait être réduite maintenant qu'une volonté politique claire est affichée.

Au cabinet du Premier ministre, on se veut rassurant. «Pour faire face à la crise pétrolière, nous allons mettre les bouchées doubles, explique Bertrand Sirven, attaché de presse. Cela va demander des efforts, certes, mais nous tiendrons nos engagements.»

D'après Charles de Courson et Pierre Cuypers, les pétroliers sont en partie à l'origine des freins au développement des biocarburants en France, notamment en ce qui concerne l'incorporation directe de l'éthanol dans l'essence. Car ils préfèrent miser sur l'ETBE, un additif de l'essence obtenu à partir d'éthanol et d'isobutylène qui est produit au sein des raffineries, ce qui leur permet de garder le contrôle de la production. De leur côté, les agriculteurs estiment que l'incorporation directe d'éthanol devient techniquement possible comme le montre l'exemple brésilien. Pour finir avec ces débats, Charles de Courson a fait une proposition de résolution à l'Assemblée nationale «tendant à la création d'une commission d'enquête visant à étudier les blocages à la mise en place d'une politique ambitieuse d'utilisation des biocarburants». La résolution devrait passer au vote avant la fin de l'année. «Notre rôle serait d'évaluer les fondements économiques, politiques, sociaux, et techniques des freins observés», explique le député.

«Avant de mettre en place une nouvelle commission, il nous semble préférable d'attendre les résultats de la mission d'expertise gouvernementale», explique Philippe Gateau, porte-parole de Total. Jean-Louis Shilansky, délégué général de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), ajoute avoir proposé aux pouvoirs publics d'organiser un test régional afin de vérifier si l'incorporation directe d'éthanol pose ou non des problèmes techniques: «L'industrie pétrolière estime que l'ETBE est la solution la plus pratique et la plus rapide pour arriver aux 5,75%, non pas parce que nous voulons maîtriser sa production, mais parce que ses caractéristiques techniques s'avèrent mieux adaptées aux spécificités européennes. Un test nous permettrait de trancher.»




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