Biocarburants: l'eldorado américain

Le 11 avril 2007 par Claire Avignon
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Avec plus de 75 usines en construction, les Etats-Unis ne font pas les choses à moitié en matière de biocarburants. Leur capacité de production devrait doubler en deux ans. Avec une très nette préférence pour l’éthanol produit à partir de maïs.

Même si les arguments environnementaux ont été intégrés dans les discours des acteurs politiques et industriels américains lors d'un séminaire sur le marché des biocarburants aux Etats-Unis, qui s'est tenu au siège d'Ubifrance, à Paris, le 4 avril, ils n'apparaissaient qu'à un rang secondaire. Si le gouvernement de George W. Bush tient tant aux biocarburants, ce n'est pas pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre de son pays, mais bien pour diminuer sa dépendance énergétique et ouvrir un nouveau marché aux agriculteurs. D'ailleurs, ce ne sont pas des membres de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) qui ont fait le déplacement dans l'Hexagone, mais des représentants de l'équivalent du ministère français chargé de l'énergie, le DOE, et de l'agriculture, l'USDA (1).

Pas (trop) d'hypocrisie écologique, donc, chez les Américains. Les biocarburants sont vus comme un nouveau «business» pour lequel il faut établir un environnement favorable aux investissements privés. «Lorsque l'administration peut investir un certain montant, le secteur privé peut mettre 10 fois plus», estime ainsi Jacques Beaudry-Losique, chef du programme des biocarburants pour le DOE, doté d'un budget pour 2007 de 200 millions de dollars (150 millions d'euros).

En 2005, les Etats-Unis représentaient 35% de la production mondiale d'éthanol (12 milliards de gallons), à égalité avec le Brésil. Mais les deux nations n'ont pas choisi la même culture: le pays d'Amérique du sud a choisi la canne à sucre, celui d'Amérique du nord, le maïs. Désormais, 13% de la production américaine de maïs va à la production d'éthanol, réalisée dans plus de 110 usines. Au final, ce sont 5 milliards de gallons de carburant qui ont été produits en 2006, soit 2,7% de la consommation d'essence.

2007 et 2008 vont représenter un tournant. En deux ans, la production devrait passer de 5,58 milliards de gallons à 11,7 milliards. L'objectif, défini par George W. Bush dans son discours sur l'«Etat de l'Union» du 23 janvier, est d'atteindre une production annuelle de 35 milliards de gallons en 2017, soit 15% de la production d'essence, puis 60 milliards de gallons en 2030, c'est-à-dire 30% du marché.

Pour cela, le DOE et l'USDA viennent d'ouvrir un nouveau grand chantier: les biocarburants de deuxième génération, c'est-à-dire d'éthanol cellulosique (2). «Leur développement sera accompagné d'une baisse des coûts de production et d'une augmentation de la taille du marché, explique Jacques Beaudry-Losique. Mais pour le moment, le secteur privé n'a pas encore confiance dans ce nouveau marché et n'a pas beaucoup investi.» Selon le représentant du DOE, les biocarburants de deuxième génération devrait devenir compétitif d'ici 2012.

Mais si le secteur agricole et industriel devrait continuer à suivre la volonté gouvernementale, il existe des maillons faibles dans d'autres secteurs, à commencer par le nombre de véhicules flex-fuels, qui ne représentent que 2% du parc avec 6 millions de véhicules, et le réseau de distribution du E-85, limité en 2006, à 1.000 stations-service.



(1) Department of energy et United states department of agriculture

(2) Ethanol issu de la transformation (hydrolyse + fermentation) de la lignocellulose, c'est-à-dire le constituant principal de la matière végétale.





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