Biocarburant à partir de micro-algues : des investissements sont nécessaire

Le 12 novembre 2010 par Célia Fontaine
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 Produire du biocarburant à partir de micro-algues est possible, mais pour pouvoir en profiter à un prix intéressant, il faudra encore attendre, selon un nouveau rapport d’octobre de l'Institut des biosciences de l'énergie (EBI) à Berkeley en Californie.

Plus d’une centaine de laboratoires scientifiques à travers le monde travaillent à la production de biocarburant à partir d’extraits de micro-algues. Environ 200.000 espèces de ces minuscules organismes (pouvant mesurer jusqu’à 100 microns) ont été répertoriées, et certaines, comme les diatomées, ont des rendements très encourageants.

L’exploitation de cette biomasse marine présente de nombreux avantages par rapport aux carburants fabriqués à partir de matières premières agricoles. Les micro-algues retiennent mieux le CO2 que les plantes terrestres et peuvent produire jusqu’à 30 fois plus de litres d’huile par hectare que des oléagineux (colza ou palmier à huile). Elles ne prennent pas la place des surfaces agricoles destinées à la consommation alimentaire et ne nécessitent pas d’adjonction d’eau supplémentaire (puisqu’elles poussent déjà en milieu marin ou lacustre).

Selon le rapport de l’EBI, il faut réunir 4 ressources-clés au même endroit pour produire de la biomasse algale de manière optimale : un climat favorable, de l'eau, un sol plat et du dioxyde de carbone. Le plus intéressant est d’utiliser des algues produites en association avec une unité de traitement des eaux usées. En effet, ces dernières fournissent les nutriments nécessaires, et la station d’épuration peut bénéficier d’un revenu supplémentaire.

Cependant, cette industrie n’en est qu’à ses débuts. « Même dans le cadre d’un processus relativement favorable de culture, récolte, et transformation, la production de bio-algues à partir de culture de micro-algues restera coûteuse », expliquent les auteurs du rapport[1]. « Pour être économiquement viable, il faudra que le secteur bénéficie de revenus supplémentaires à court et moyen terme », poursuivent-ils.

Plusieurs entreprises[2] ont récemment lancé des projets à grande échelle, comme ExxonMobil, qui a engagé 600 millions de dollars (436,92 millions d’euros) pour la technologie de transformation des algues en biocarburants. Mais, dans les faits, aucune n'a démarré de véritable usine pilote.

Si les algues ont la capacité de croître rapidement, « il faut encore développer la possibilité de faire émerger des cultures durables en conditions extérieures, tout en réalisant à la fois une productivité élevée et une huile riche », estime le rapport.



[1] T.J. Lundquist, I.C. Woertz, N.W.T. Quinn, et J.R. Benemann

[2] Les financements sont aussi apportés par les Etats. Le Département américain de l'énergie a financé plusieurs consortiums. Au Royaume-Uni, le Carbon Trust a lancé une initiative sur 10 ans pour développer la production de bio-algues, avec l'engagement d'une douzaine d'universités et de laboratoires de recherche, tandis que l'Union européenne a récemment financé trois projets-pilotes de 10 hectares.

 



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