Bilan très mitigé du Grenelle

Le 31 août 2012 par Stéphanie Senet
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La petite réduction de nos déchets au rang des succès
La petite réduction de nos déchets au rang des succès

Deux semaines avant l’ouverture de la conférence environnementale, un rapport commandé par le ministère de l’écologie -dont le JDLE s'est procuré un exemplaire- dresse un bilan d’étape très mitigé du Grenelle. Coordonné par Thierry Wahl, inspecteur des finances, il passe en revue l’avancée de la France au regard de 30 indicateurs et souligne des retards importants sur la hausse de la bio, la baisse des pesticides et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Dans 11 domaines, des efforts significatifs ont quand même été réalisés. Le rapport cite en premier lieu les déchets, où la production d’ordures ménagères résiduelles a baissé. Elle est en effet passée de 391 kilogrammes par an et par habitant en 2007 à 374 kg en 2009. Mais quid de l’effet crise? Par ailleurs, pour atteindre l’objectif de 2013, qui vise 363 kg/an/hab, il faudra encore serrer un peu plus la taille de nos poubelles.

Autre indicateur au vert, le recyclage des déchets, dont le taux est passé de 31% en 2006, à 35% en 2010. L’objectif de 2012 est donc d’ores et déjà atteint.

Même constat positif en matière de transport, où les émissions de gaz à effet de serre baissent régulièrement depuis 2002, en même temps que la consommation d’énergie. En parallèle, le recours au transport collectif intérieur s’accroît.

La baisse de la consommation énergétique des logements n’est pas aussi flagrante. La part des logements neufs en basse consommation (50 kilowattheures par mètre carré et par an) reste faible, tout comme la part des énergies renouvelables dans l’énergie consommée (10% en 2006, 13,1% en 2011 mais objectif de 23% en 2020).

Au chapitre des échecs, les aires marines protégées sont loin d’atteindre en France les 10% des eaux nationales en 2012 et 20% en 2020 (environ 0,6% actuellement!).

L’agriculture biologique est également en reste avec 3,9% seulement de la surface agricole utile en 2011 alors que le Grenelle visait 20% en 2020.

Les émissions de gaz à effet de serre sont loin du compte. Pour un indice 100 en 1990, on stagne à 93,4 en 2010 alors que l’on est censé atteindre 80 en 2020 et 25 en 2050.

Pire, la situation s’est aggravée concernant les surfaces artificialisées, qui en augmentant ont réduit la part des espaces naturels ou cultivés, avec un impact négatif sur le cycle de l’eau et sur les crues. L’air ne s’est pas non plus arrangé avec une concentration accrue de particules fines.

Autre point noir, les pesticides dont l’usage actuel va à l’encontre de la réduction de moitié décidée entre 2008 et 2018, puisqu’il a augmenté en 2010 avec 70,6 de doses-unités contre 68,8 en 2008. Pour rappel, le Grenelle avait ciblé l’objectif de 34,4 en 2018.

L’intégralité des résultats sera publiée par le ministère à l’ouverture de la conférence environnementale qui s’ouvrira le 14 septembre (voir JDLE).

A l’automne dernier, le bilan du Grenelle fait par l’ex-ministre de l’écologie s’avérait plus optimiste. «Tous nos objectifs ne sont pas encore atteints, mais on est, sur la plupart d'entre eux, en ligne avec l'objectif», estimait notamment Nathalie Kosciusko-Morizet.

 



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