Bilan passable pour la sûreté nucléaire et la radioprotection françaises

Le 17 avril 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pierre-Franck Chevet:
Pierre-Franck Chevet:
LCP

Comme à son habitude, c’est devant l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques que l’Autorité de sûreté (ASN) a présenté, mardi 16 avril, les conclusions de son rapport annuel sur la sûreté nucléaire et la radioprotection.

Auditionné par les parlementaires, le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, a qualifié «d’assez satisfaisante» l’année 2012, tant sur le plan de la sûreté que de la radioprotection. Au total, 1.170 événements ont été déclarés, l’an passé, au gendarme du nucléaire. Un bilan auquel il faut ajouter 59 dysfonctionnements dans le domaine du transport de substances radioactives et 593 événements significatifs concernant la radioprotection.

Autre mode d’évaluation: la comptabilisation des incidents classés. En 2012, 149 ont été classés au niveau 1 de l’échelle INES (qui en compte 7) et 4 au niveau 2. Dans son rapport précédent, l’ASN avait classé 66 incidents au niveau 1 et un événement au niveau 2 [JDLE]. Les performances 2012 sont, peut-être, «satisfaisantes», mais elles sont moins bonnes que celles de 2011.

Parmi les pistes d’amélioration possibles: une rigueur accrue dans la conduite des opérations de maintenance et d’exploitation des centrales et le renforcement de la protection de l’environnement des installations nucléaires de base. Une pique est envoyée au groupe Areva, coupable de «revirements de stratégie industrielle». Lesquels ont fortement ralenti la reprise de déchets anciens sur le site de la Hague.

Le CEA n’est pas oublié. L’ASN restera vigilante, indique-t-elle, sur le respect, dans les délais prévus, des engagements pris par le CEA, tant pour ses installations en fonctionnement que pour ses installations en démantèlement. «Si cela s’avérait nécessaire, l’ASN pourrait prendre des prescriptions obligatoires comme cela fut le cas en 2012 pour l’entreposage des combustibles à base de plutonium utilisés dans l’installation Masurca.»

L’autorité indépendante se félicite, en revanche, du début de mise en œuvre par EDF des mesures post-Fukushima: construction prochaine de noyaux durs, création en cours d’une force d’action rapide, dispositifs de prévention du dénoyage des piscines de refroidissement de combustibles usés [JDLE].

Comme souvent, le bilan du nucléaire industriel et médical est plus médiocre. Plusieurs incidents de gammagraphie industrielle (dont un à la centrale nucléaire du Blayais) ont été recensés, l’an passé. De même, l’ASN se désole de «l’augmentation des doses délivrées aux patients par l’imagerie médicale».

Profitant de la tribune qui lui était offerte, l’ancien directeur général de l’énergie et du climat a délivré quelques messages à ses interlocuteurs. Evoquant le débat en cours sur la transition énergétique, Pierre-Franck Chevet a rappelé qu’une anomalie générique pourrait conduire l’ASN à exiger l’arrêt simultané de plusieurs réacteurs. «Il faut que le système électrique français dispose de marges pour faire face à cette situation plausible.» «Il faut aussi prendre en compte le fait que les centrales nucléaires ont une durée de vie limitée, dont la prévision est difficile et qui ne sera pas nécessairement la même pour tous les réacteurs. Il est donc important d’anticiper la transition vers de nouveaux moyens de production permettant de couvrir la demande d’électricité future», a-t-il ajouté.

A bon entendeur…



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