Bilan mitigé sur la radioprotection des travailleurs

Le 13 janvier 2005 par Christine Sévillano
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L'IRSN vient de publier un bilan sur l'exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants en 2003. Les salariés des installations nucléaires sont assez bien protégés, ce qui n'est pas le cas de leurs sous-traitants. Et paradoxalement, le carton rouge pourrait être décerné aux professions médicales qui utilisent ce type de rayonnements pour faire des radiographies.

L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a publié un bilan de la radioprotection des travailleurs en 2003 grâce à une surveillance dosimétrique de l'exposition externe. Les salariés sont en effet équipés de dosimètres passifs, conformément au décret 2003-296 du 31 mars 2003, permettant d'enregistrer les doses individuelles reçues. Les conclusions sont assez favorables pour l'industrie nucléaire qui comprend les usines de concentration et d'enrichissement de l'uranium, de retraitement, de démantèlement, de déchets et les centrales nucléaires.



Les agents d'EDF, les employés d'Areva, de la Commissariat à l'énergie atomique (CEA) présentent tous des doses inférieures à 20 milli-Sievert (mSv), le seuil réglementaire. A noter que plus de 270 salariés ont un taux qui se situe entre 6 et 20 mSv sur plus de 32.700 personnes surveillées dans ces trois entités. En outre, la dose collective (la somme de toutes les doses individuelles pour une tâche ou un laboratoire) a diminué de 11,3 mSv en 2002 à 9,9 mSv en 2003 chez EDF, elle est restée stable à 1,2 mSv chez Areva et a baissé au CEA de 0,1 mSv. Ces améliorations sont dues à la mise en oeuvre de plusieurs démarches de sécurité selon l'IRSN qui note un meilleur confinement des sources de rayonnement par des écrans biologiques, un éloignement par rapport aux sources et une exposition moins longue. «Ce sont des principes de base qui ont permis de limiter l'exposition mais en même temps ces industries ont su utiliser des outils pour une meilleure protection des travailleurs comme le dosimètre opérationnel, obligatoire depuis 1999 dans les industries nucléaires», affirme Alain Rannou, chef du service d'études et d'expertise en radioprotection de l'IRSN. Cet appareil électronique permet de mesurer en temps réel l'exposition du salarié qui le porte. Celui-ci peut donc adapter son comportement en fonction du résultat affiché. Cet outil peut même le prévenir par une alarme sonore en cas d'exposition trop élevée.

Toutefois, les sous-traitants intervenant dans les installations nucléaires ne sont pas assez protégés puisque sur les 30.280 salariés des entreprises extérieures équipées d'un dosimètre, 13 ont présenté une exposition aux rayonnements supérieure à 20 mSv. En un an, la dose collective de ces employés qui exercent les métiers de nettoyage ou de maintenance au sein des installations a augmenté de 23,1 mSv en 2002 à 24,4 en 2003. «Pourtant la situation a tendance à s'améliorer. Les donneurs d'ordre ont obligation d'inscrire dans leurs contrats avec les sous-traitants l'impact dosimétrique des opérations liées de ces entreprises extérieures», poursuit Alain Rannou. Ainsi, si une vanne doit être démontée par un sous-traitant, les parties doivent estimer la dose la plus faible à laquelle vont être exposés les opérateurs.

La situation n'est pas non plus optimale pour les industries non nucléaires dans lesquelles ont été recensées 34 personnes ayant reçu des rayonnements au-dessus du seuil accepté. Toutefois, Alain Rannou rappelle que la réglementation de mars 2003 fixant le seuil à 20 mSv indiquait une période transitoire de deux ans pour que les entreprises se mettent aux normes. «Il faut admettre que la mise ne conformité a coûté beaucoup d'argent aux industries en termes d'investissements et de formation pour les salariés», explique le chef de service.

Les plus touchés par les rayonnements ionisants demeurent les personnels du corps médical. «La radioprotection est née dans les années 1920 justement pour protéger les métiers liés à la radiologie. Mais les risques sont désormais sous-estimés par les médecins qui ne considèrent que les aspects bénéfiques des rayonnements ionisants à savoir le traitement de maladies comme les cancers et ne sont pas assez sensibilisés aux risques sanitaires», affirme Alain Rannou de l'IRSN. Des risques multiples allant des brûlures à la leucémie.

L'IRSN devrait peaufiner dans les années à venir ses statistiques sur les expositions professionnelles grâce au décret 2004-1489 du 30 décembre 2004 qui l'autorise à utiliser le Répertoire national d'identification des personnes physiques (RNIPP) dans un traitement automatisé des données sur les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants.




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