Bilan de santé des associations environnementales

Le 22 octobre 2007 par Agnès Ginestet
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Alors que les ONG occupent le devant de la scène dans le cadre du Grenelle, se pose la question des moyens dont elles disposent pour mener leurs actions et celle de la reconnaissance de leur expertise.

WWF, Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), Robin des Bois: le domaine de l'environnement en France présente une réelle «biodiversité associative». Ce nécessaire «ferment démocratique», comme l'appelle le président du MDRGF François Veillerette, cache toutefois certains problèmes. «Les associations en France vivent difficilement», confie ainsi Serge Orru, directeur du WWF France. «Chez Alsace Nature, certains services étaient gratuits, mais maintenant on les fait payer», explique Sandrine Belier, directrice de cette déclinaison régionale de France Nature environnement (FNE).

En effet, la fin du dispositif emplois-jeunes a fait régresser les aides à l'emploi, incitant les ONG à diversifier leurs sources de financement. L'association Agir pour l'environnement a toutefois réussi à combler ce manque. «Si on n'avait pas un emploi-tremplin aidé par la région, on serait seulement deux salariés », explique le délégué général Stephen Kerckhove. Il note par ailleurs une baisse des subventions de l'Etat: «Le ministère chargé de l'environnement nous a promis 21.000 euros pour l'année 2007. Il y a 5 ans, c'était 38.000 euros pour un budget inférieur». Même si, de manière générale, les associations rechignent à demander de l'argent à l'Etat afin de conserver leur indépendance…

Anne Bringault, directrice des Amis de la terre, souhaiterait que l'Etat indemnise les frais occasionnés par la participation des associations aux diverses commissions. D'autres associations sont contre. «Nous sommes réservés sur le sujet. Il faut que les associations se débrouillent et ne comptent pas exclusivement sur l'argent de l'Etat», estime Jacky Bonnemains. «L'allègement des charges salariales serait intéressant», remarque de son côté Sandrine Belier. Selon elle, Alsace Nature compte 300 «bénévoles actifs, qui font à peu près un mi-temps» pour l'association. Les salaires des chargés de mission, malgré leur bac+5, sont peu élevés. «Les pointures, ça se paie, mais les salaires en milieu associatif ne sont pas mirobolants», regrette Serge Orru. Stephen Kerckhove estime que «si elles avaient plus de reconnaissance des pouvoirs publics, les associations auraient davantage d'adhérents». Et donc plus de moyens financiers…

Si le côté financier reste préoccupant, c'est surtout la reconnaissance de leur expertise que les ONG revendiquent et peinent parfois à obtenir, même si, selon Serge Orru, dans le cadre du Grenelle «les parties prenantes se sont aperçues que les ONG ont une véritable expertise, d'un très bon niveau». Quant à Jacky Bonnemains, il demeure optimiste: «On pourrait imaginer un statut d'élu associatif, qui serait plus systématiquement présent dans les organismes de décision». Il refuse également tout défaitisme: «Les associations sont d'éternelles frustrées qui n'ont pas confiance en elles, alors qu'elles font un travail superbe, utile et productif. ».




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