Bilan de l’incinération en Ile-de-France

Le 03 mars 2006 par Ludivine Hamy
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Chaque année, les Franciliens produisent 5 millions de tonnes de déchets. La région Ile-de-France incinère ainsi, par le biais de ses 19 usines d’incinération des ordures ménagères (UIOM), quelque 3,8 millions de tonnes (66%) de déchets ménagers et assimilés.

La question de l'impact de l'incinération sur la santé des riverains est loin d'être anodine, compte tenu de l'importance du parc des incinérateurs, de l'âge de nombre d'entre eux et de leur localisation à proximité de zones densément peuplées. Une étude de l'Observatoire régional de la santé en Ile-de-France (ORS) et de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région d'Ile-de-France (Iaurif), publiée le 1er mars, révèle que l'incinération des déchets ménagers reste la première source d'émissions de dioxines dans la région, malgré une forte diminution depuis 1990. Grâce aux efforts fournis ces dernières années pour mettre aux normes les installations d'incinération, seuls 3 incinérateurs franciliens (Massy, Sarcelles et Issy-les- Moulineaux) ne respectaient pas au 28 décembre la norme de 0,1 nanogramme de dioxine par mètre cube (m3). Les deux premiers sont fermés et réouvriront au cours du premier trimestre, une fois les travaux de mise en conformité achevés. Quant à l'usine d'Issy, qui devait continuer de fonctionner cet hiver pour assurer la continuité du chauffage urbain (cogénération), elle à été fermée plus tôt que prévu le 23 février. Lorsque la totalité des incinérateurs sera aux normes, le flux annuel de dioxines en Ile-de-France issu de l'incinération des déchets ne devrait pas excéder 2 à 3 g/an. Aujourd'hui, l'enjeu principal en termes de qualité environnementale et d'impact sanitaire liés aux dioxines provient donc des autres sources (industrie, brûlage de câbles, combustions diverses…).

Concernant le reste de la pollution atmosphérique, l'étude montre qu'à l'exception du mercure et du cadmium, «les émissions sont insignifiantes pour les métaux pris dans leur totalité, de même que pour les émissions gazeuses et particulaires».

Malgré tout, nombreuses sont les études qui prouvent l'impact de l'incinération sur la santé–en termes de reproduction, de développement, de multiplication des cancers ou de maladies respiratoires. Le problème est d'autant plus sérieux en Ile-de-France que plus de 6 millions de Franciliens, soit 56% de la population, résident dans l'environnement proche d'un incinérateur. C'est pourquoi l'ORS et l'Iaurif recommandent, d'une part de «limiter l'augmentation des volumes incinérés, notamment en accélérant la mise en oeuvre de politiques de réduction des déchets», et d'autre part, d'«achever la modernisation des incinérateurs franciliens et d'instaurer, sur chaque installation, un contrôle en continu» dont les résultats seraient rendus publics.

(1) source: Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa)


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