Bilan de l'Ifen sur les eaux souterraines

Le 22 décembre 2004 par Christine Sévillano
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L'Ifen publie l'état des eaux souterraines en France. Il s'agit de la première valorisation des données sur les eaux souterraines qui serviront de base à la mise en oeuvre des objectifs de 2015 de la directive-cadre sur l'eau. 59% de l'eau extraite des nappes est destinée à la production d'eau potable.

Premier volet de valorisation des données sur les eaux souterraines, l'Institut français de l'environnement (Ifen) vient de publier un bilan qualitatif et quantitatif sur ces eaux. Les nappes souterraines recèlent environ 23% de la réserve en eau douce de la planète. Alimentées par une partie des précipitations, elles se renouvellent lentement. De même, l'élimination des substances polluantes comme les pesticides et les nitrates s'effectue progressivement.

La France prélève chaque année 34 milliards de mètres cube (m3) d'eau douce pour alimenter les activités humaines. Les nappes fournissent 19% de ce volume. Si l'on soustrait la consommation du secteur énergétique qui s'élève à 19 milliards de m3 essentiellement issus des eaux fluviales, les eaux souterraines représentent 44% des sources de prélèvements soit au total plus de 6,3 milliards de m3. Plus de la moitié des eaux extraites des nappes est destinée à la production d'eau potable, à hauteur plus  précisément de 3,71 milliards de m3. Près de 1,5 milliard est utilisé par l'industrie, 1,1 milliard pour l'irrigation des cultures et 19 millions de m3 refroidissent des centrales thermiques et nucléaires.

Ces prélèvements peuvent paraître résiduels au regard des volumes des aquifères de l'ordre de 100 milliards de m3. Le risque de pénurie est donc quasi-inexistant mais des disparités régionales sont à noter. Ainsi le Nord, l'Est, le Centre, une partie du Sud-Ouest et la vallée du Rhône puisent davantage dans leurs réserves. Le Bassin parisien ou le Bassin aquitain sont plus économes.

Au niveau qualitatif, les eaux souterraines sont altérées surtout par les nitrates et les pesticides, mais là encore des inégalités locales sont sensibles. Les concentrations en nitrates sont importantes dans le quart Nord-Ouest et dans l'Est. Sur les 1.048 sites évalués en 2002, 62% présentaient un taux supérieur à 10 milligrammes par litres (mg/l). Les origines de cette pollution n'ont pas été mises en évidence étant donné la diversité des sources possibles. En milieu urbain, les eaux souterraines peuvent être contaminées par les rejets d'eaux usées, les engrais utilisés pour les espaces verts. Elles peuvent également être victimes des rejets des industries, des fertilisants agricoles ou des effluents d'élevage.

Ce rapport rappelle en outre les enjeux liés à la protection des eaux souterraines. 62% des volumes prélevés pour l'alimentation en eau potable provient de ces nappes. La moitié des Français est alimentée uniquement par cette voie. La bonne gestion de ces nappes préserve aussi l'équilibre des écosystèmes terrestres. Les eaux souterraines sont indispensables au maintien du niveau des rivières et des zones humides et par conséquent au bon développement de la faune et de la flore.

Les enjeux politiques sont l'objet de la directive-cadre sur l'eau 2000/60/CE qui impose aux Etats membres de disposer de masses d'eau en bon état en 2015. Ils doivent ainsi prévenir et limiter les rejets de polluants, améliorer les volumes des masses d'eau et instituer le principe du pollueur-payeur. Le protocole du réseau national de connaissance des eaux souterraines, signé en 1999, a permis la publication sur internet de la banque nationale d'accès aux données sur les eaux souterraines. Une mise à jour annuelle sera désormais réalisée et de nouveaux indicateurs ajoutés progressivement.




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