Bilan carbone neutre d’ici 2020 pour une société internationale

Le 02 juin 2006 par Claire Avignon
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Poussée par son PDG américain très sensibilisé aux problèmes environnementaux et ancien conseiller de Bill Clinton pour le développement durable, la société Interface affiche l’ambition d’émettre zéro émission de CO2 d’ici 2020.

«Dans l'avenir, des gens comme nous iront en prison.» C'est avec cette prophétie que Ray Anderson avait annoncé sa nouvelle politique environnementale, en 1994. Fondateur et PDG d'Interface, société spécialisée dans le revêtement de surface, l'Américain réfléchit alors à la notion d'«écologie industrielle». Il remet en cause le modèle économique de l'industrie qui produit trop de déchets, et consomme trop d'eau et d'énergie, sans penser aux conséquences sur la couche d'ozone ou les nappes phréatiques.

La société américaine a donc réfléchi à un plan qu'elle a transmis à l'ensemble de ses filiales mondiales, notamment Interface Europe qui possède 3 usines (Angleterre, Irlande et Pays-Bas). «Nous avons tout de suite adhéré, notamment parce que cela provenait directement du PDG, explique Denys Mettais-Cartier, directeur général (DG) d'Interface pour la France et le sud de l'Europe et DG financier d'Interface Europe. Et puis, les Américains ont ce volontarisme et ce pragmatisme qui leur font dire: si l'on est obligé de changer, soyons les pilotes de ce changement.»

Principal objectif du plan: zéro émission de CO2 pour 2020. En 10 ans, Interface a diminué de 46% ses rejets de CO2 dans le monde depuis 1996. «Nous avons réalisé un tiers du chemin, estime Denys Mettais-Cartier. Aujourd'hui, nous nous heurtons à un butoir technologique.» En effet, l'entreprise a d'abord joué sur les économies d'énergie et l'utilisation d'énergies renouvelables. Grâce à l'éolien, au solaire et à la biomasse, les énergies renouvelables représentaient en 2005 13% de la consommation totale d'énergie. C'est pourquoi l'entreprise a de plus en plus recours à des programmes certifiés tels que les mécanismes de développement propre (MDP) qui compensent les rejets carboniques de la société. Ces mécanismes pourraient ainsi être mis en jeu pour sa nouvelle politique de réduction des émissions de sa flotte de véhicules. Selon le DG France d'Interface, «cela devrait se traduire par la participation des constructeurs automobiles et des fournisseurs de carburants à des programmes certifiés de compensation des émissions de CO2.»

Outre l'objectif de réduction de la facture carbonique, ce sont 6 autres objectifs que le spécialiste du revêtement de sols s'est assigné (1). Résultat: 300 millions de dollars ont été économisés en 10 ans, principalement grâce à la diminution importante de la production de déchets. Un chiffre qu'Interface dit ne pas pouvoir comparer aux investissements, réalisés dans le cadre du renouvellement de la capacité industrielle, des achats, mais aussi de la recherche et développement.

Car les remords de Ray Anderson ne se sont pas seulement traduits par des efforts sur l'outil de production, mais aussi sur les produits proposés par sa société. Ainsi le programme Cool carpet permet aux clients d'acheter des produits neutres sur le plan des émissions de CO2 sur l'ensemble du cycle de vie, en participant à des projets d'efficacité énergétique ou de restauration des forêts tropicales. «Pendant ces 10 premières années, nous avons tracé notre route seuls, nos clients n'étaient pas prêts à nous suivre, explique Denis Mettais-Cartier. Nous ne pouvions pas, par exemple, augmenter nos prix en le justifiant par notre politique environnementale. Il a fallu gérer l'aspect des coûts en interne. Désormais, nos clients sont de plus en plus sensibles à notre discours.» Ainsi, le surcoût de Cool carpet est de 0,15 à 0,2 euro par mètre carré de revêtement de sol. Autre projet: créer un site industriel permettant de recycler les dalles qu'Interface reprendra chez ses clients.



(1) Eliminer les déchets et les substances toxiques, favoriser les énergies renouvelables, utiliser des matériaux recyclés et des biomatériaux, améliorer l'efficacité énergétique des transports, sensibiliser les parties prenantes, créer un nouveau modèle économique pour le commerce fondé sur la durabilité.




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