Bilan carbone: le Parlement européen se veut exemplaire

Le 09 juin 2009 par Sabine Casalonga
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Le Parlement européen, qui va accueillir un nombre record d’élus Verts suite au scrutin de dimanche, n’avait toutefois pas attendu pour «verdir» son mode de fonctionnement. Afin de réduire ses émissions de CO2 de 30% d’ici 2020, un plan d’actions ciblé sur l’efficacité énergétique des bâtiments et les transports a été adopté en février. Suite et fin de notre dossier consacré aux élections européennes.

Plus de 6.000 fonctionnaires et contractuels, des milliers d’assistants parlementaires et 736 eurodéputés, répartis dans 20 bâtiments sur 3 sites à Bruxelles, au Luxembourg et à Strasbourg, soit une surface totale d’un million de mètres carrés… Ces chiffres illustrent la taille, mais aussi le caractère dispersé et donc peu économe en énergie, de la plus grande assemblée démocratique au monde. C’est pourquoi, en 2007, suite à l’engagement de l’Union européenne (UE) visant à baisser ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 20% d’ici 2020, le Parlement a lui aussi adopté un objectif, plus ambitieux encore: réduire son empreinte carbone de 30% par rapport à 2006 [voir encadré].

A cette fin, un groupe de travail dédié à la politique environnementale, présidé par Gérard Onesta, eurodéputé Vert français, a été chargé d’élaborer des propositions d’action sur la base des recommandations du rapport sur l’empreinte carbone. Un plan officiel a ensuite été adopté en février 2009 par le Bureau du Parlement qui regroupe le président et 14 vice-présidents. Il comprend trois axes principaux (bâtiments, technologies de l’information, transport et mobilité), mais aussi un programme de sensibilisation et de communication et un volet dédié aux «petits projets» à forte visibilité. L’objectif? Réduire les besoins en énergie et en ressources, remplacer les technologies existantes par de plus efficaces et durables, et compenser les émissions de CO2 subsistantes.

Les actions visant les bâtiments pourraient réduire l’empreinte du Parlement de 15 à 20%. Une étude d’évaluation conduite d’ici 2010 permettra de préciser l’impact des mesures (utilisation d’énergies renouvelables, optimisation de l’éclairage, création de bâtiments passifs et basse énergie). «Les futurs bâtiments à Luxembourg destinés à accueillir 700 fonctionnaires seront dotés de panneaux solaire et chauffés à partir de la biomasse», explique Gérard Onesta. «Le Parlement est la seule institution au monde dont l’ensemble des bâtiments bénéficient de la norme Emas(1)», ajoute-t-il.

Certaines mesures ont en effet déjà été mises en place depuis que le Parlement s’est engagé dans la démarche de certification Emas. Ainsi depuis 2008, le Parlement est alimenté uniquement avec de l’électricité «verte» (ni fossile ni nucléaire). Ce changement a déjà permis d’atteindre plus de 50% de l’objectif fixé pour 2020, en réduisant de 18% les émissions du Parlement. Une baisse de 25% de la consommation énergétique entre 2006 et 2009 a également permis de réduire de 2.500 tonnes par an son empreinte carbone (2,2% des émissions).

Une étude sur l’impact des technologies de l’information (vidéoconférences, remplacement des ordinateurs de bureau par des appareils portables) devrait être finalisée d’ici la fin de l’année. D’après le rapport du cabinet de conseil, ce type de mesures pourraient réduire l’empreinte du Parlement de 5 à 10%.

Parmi les mesures préconisées dans le volet transport figurent la promotion du train, du vélo et de la marche, plutôt que l’avion ou la voiture, mais aussi des primes pour les voitures faiblement polluantes et l’incitation aux vols en classe économique plutôt qu’en classe affaires (afin de réduire de 2,3% les émissions) . Gain total espéré: une baisse de 10 à 15% des émissions annuelles. Les voyages en avion représentaient en 2006 17,2% des émissions totales en CO2 du Parlement, alors même que les trajets domicile-parlement des parlementaires n’ont pas été comptabilisés. Les voyages en voiture contribuent à 8,3% des émissions. Parmi les mesures prévues, figurent l’encouragement au covoiturage, à l’usage du vélo et au télétravail, notamment pour les interprètes. Plus simple à dire qu’à faire. Créée lors de la Présidence française de l’Union à l’automne 2008, la ligne TGV Thalys Bruxelles-Strasbourg ne rencontrerait pas tant de succès, probablement en raison d’une flexibilité horaire réduite par rapport à l’avion.

Si un moindre recours à l’avion n’est pas toujours envisageable, le Parlement souhaite inciter le personnel et les parlementaires à compenser leurs émissions (1) d’ici 2012, date à laquelle le transport aérien sera inclus dans le système d'échange de droits d'émission. Cette mesure incluse dans le Plan d’action permettrait d’aller au-delà de l’objectif de réduction de 30%, mais elle n’est pas contraignante. «Le cadre réglementaire actuel ne nous le permet pas», souligne Gérard Onesta. «Pourtant, il est essentiel de compenser la partie des émissions que l’on ne pourra pas réduire. Nous encourageons la Commission européenne à créer cette base juridique. Mais il manque une volonté politique, certains Etats membres craignant de devoir ensuite réaliser les mêmes efforts chez eux.» Les trois études du plan d’actions (bâtiments, technologies et compensation) seront financées à hauteur de 960.000 euros par le budget 2009 dédié au projet Emas. Un premier bilan sera effectué en 2010.

(1) Emas (Echo-management and audit scheme) ou Smea en français (Système de management environnemental et d'audit) est un outil de management, créé par le législateur européen, appliqué aux entreprises et aux organisations publiques ou privées, pour évaluer et améliorer leur performance environnementale.

(2) En participant à un projet mis en œuvre dans un pays en développement ou émergent visant à réduire les émissions de carbone et à promouvoir le développement durable.



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