Bilan 2011 de l’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants

Le 09 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
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Le secteur médical et vétérinaire plus surveillé en 2011
Le secteur médical et vétérinaire plus surveillé en 2011

Chaque année l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) publie les chiffres du niveau d’exposition des travailleurs français aux rayonnements ionisants (santé, nucléaire, aviation). En 2011, le nombre de travailleurs suivis a augmenté de 4% par rapport à 2010, principalement en raison d’une meilleure surveillance dans les secteurs médicaux et vétérinaires.

Si ce nombre est en hausse, la dose de radioactivité moyenne reçue par chacun des travailleurs est, quant à elle, restée stable, selon le rapport de l’IRSN publié aujourd’hui 9 juillet.

Ainsi, 343.988 travailleurs ont été suivis à l'aide de dosimètres l'an dernier, contre un peu plus de 330.000 en 2010. 96% d’entre eux environ ont reçu une dose annuelle inférieure à la limite réglementaire fixée pour la population générale, soit 1 millisievert (1 mSv) par an, indique l’IRSN.

Pour 78,7% d'entre eux, les doses reçues demeurent inférieures au seuil d'enregistrement des dosimètres, précise l'IRSN.

3,5% des travailleurs surveillés enregistrent une dose de radioactivité comprise entre 1 et 6 mSv, et 0,5% une dose annuelle comprise entre 6 et 20 mSv, la limite supérieure fixée par la loi pour l'exposition professionnelle aux rayonnements.

Au total, 12 travailleurs dépassent cette limite de 20 mSv, et 5 d'entre eux une dose supérieure à 50 mSv. La dose maximale (160 mSv) a été reçue par un travailleur de la recherche et de l'enseignement (hors médical et nucléaire), souligne le bilan de l'IRSN, sans donner davantage de précisions sur ce cas.

Comme en 2010 (voir JDLE), la dose individuelle annuelle moyenne des travailleurs suivis par l'IRSN est égale à 0,19 mSv.

Si l'on ne retient que les travailleurs ayant reçu une dose supérieure au seuil d'enregistrement, la dose individuelle annuelle moyenne pour 2011 est de 0,88 mSv, en légère augmentation par rapport à l'an dernier (0,82 mSv), précise l'Institut.

Comme chaque année, des inégalités importantes d'exposition à la radioactivité sont observées selon les domaines d'activité.

Le secteur médical et vétérinaire, qui regroupe la majorité des effectifs surveillés (62%), en raison notamment de l'utilisation de rayons X pour la radiographie, présente toujours une dose individuelle moyenne faible: 0,1 mSv en 2011 et seulement 32% de la dose collective totale.

A l'inverse, les travailleurs du nucléaire et de l'industrie non nucléaire, qui ne représentent que 29% des effectifs suivis, reçoivent les doses individuelles moyennes les plus élevées, respectivement 0,37 mSv et 0,52 mSv, note l'IRSN.

L'industrie non nucléaire, comme le BTP, qui utilise des sources de rayonnement pour radiographier des ponts ou ouvrages d'art, ne représente même pas 10% de l'effectif suivi par l'IRSN mais encaisse à elle seule plus du quart de la dose collective totale.

L’IRSN note également que si tous les travailleurs exposés sont enregistrés dans le fichier national Siseri (Système d’information de la surveillance de l’exposition aux rayonnements ionisants), «une information fiable concernant l’activité précise de ces travailleurs fait encore défaut dans ce dispositif de traçabilité de leurs expositions». Avant d’ajouter qu’«une meilleure connaissance des disparités existant selon les secteurs d’activité, les différents statuts d’emploi ou les métiers» est nécessaire et qu’une évolution du dispositif de suivi a été actée dans le plan Santé au travail 2010-2014.

Dans son rapport, l'IRSN fait également état du bilan des expositions des 21.195 personnels navigants appartenant à 5 compagnies aériennes, dont Air France. Ce bilan a été calculé à partir des plans de vol.

Pilotes, stewards et hôtesses de l'air sont, en effet, davantage exposés en vol aux rayonnements cosmiques que la population vivant exclusivement au niveau du sol. 81% des personnels navigants ont ainsi reçu en 2011 une dose annuelle supérieure à 1 mSv, la dose individuelle maximale s'élevant à 4,7 mSv. La dose individuelle moyenne pour ces personnels navigants est stable, à 2,0 mSv.

 

 



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