Bilan 1992-2005 des accidents technologiques en France

Le 20 octobre 2006 par Claire Avignon
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Le Barpi vient de publier un bilan peu réjouissant des accidents technologiques. Malgré l’amélioration de la prise en compte des risques, les victimes sont toujours nombreuses.

Dans son bilan 1992-2005 des accidents technologiques, paru le 15 septembre, le Bureau d'analyse des risques et des pollutions industrielles (Barpi) analyse les 21.576 accidents ou incidents français enregistrés entre le 1er janvier 1992 et le 31 décembre 2005. Le nombre d'accidents annuels n'a pas diminué dans cette période. Parmi les causes principales, la défaillance matérielle reste la plus importante, même si sa prédominance diminue: entre 1992 et 2005, elle est en cause dans 44% des cas, contre 38% pour l'année 2005. Suivent la défaillance humaine et l'organisation défectueuse (19% chacune en 2005), le défaut de maîtrise du procédé (8,9%), la malveillance (8,3%) ou encore l'usage inadapté de produits dangereux (3,5%).

Toutefois ces chiffres ne portent que sur 40% des événements, l'analyse des causes étant «l'un des paramètres les plus difficiles à appréhender», souligne le Barpi. Le facteur organisationnel et humain serait ainsi «encore sous-évalué dans nombre de cas». Pour éviter cela, il convient d'«encourager les salariés à transmettre les informations correspondantes», ce qui demande «une implication forte de chaque échelon de l'entreprise et une organisation appropriée».

Entre 1992 et 2005, 343 accidents ont causé le décès de 625 personnes et 2.735 accidents ont entraîné des blessures graves pour 15.168 personnes.



Dans le cas du transport de matières dangereuses, 240 accidents provoquant 360 morts ont été enregistrés (par la base de données du Barpi appelée Aria, mais aussi par le ministère chargé de l'équipement). L'accident le plus grave concerne un vraquier transportant du carbure de calcium qui a causé 25 morts par naufrage le 17 février 1997, au large de Brest.

10 accidents entraînant 44 morts ont eu lieu dans le secteur de la distribution de gaz combustible ou de vapeur, dont deux accidents liés à une explosion de gaz naturel. Celui de Dijon (Côte d'Or) a fait 11 victimes en 1999, et celui de Mulhouse 17, en 2004.

Enfin, concernant les installations classées, 207 accidents ont entraîné 359 morts. Le secteur de la chimie a causé 74 décès en 14 ans (dont 30 liés à AZF en 2001). Avec 56 victimes, l'agriculture est le deuxième secteur le plus touché (31 décès par incendie), suivi par l'industrie alimentaire (34 morts).

Malgré une nouvelle encourageante –l'année 2005, avec 12 victimes figure parmi les années les moins meurtrières- le Barpi estime que «les courbes des accidents mortels et des victimes relatives aux installations classées ou susceptibles de l'être ne semblent pas avoir évolué dans le bon sens». Des accidents «particulièrement meurtriers» ont ainsi marqué le début des années 2000. 175 décès ont été dénombrés entre 2000 et 2005, soit la moitié des victimes de la période 1992-2005.




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