Bienvenue au PFTBA, nouveau gaz à effet de serre

Le 10 décembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le réchauffement est d'ores et déjà critique en Arctique.
Le réchauffement est d'ores et déjà critique en Arctique.
GISS/Nasa

Deux mauvaises nouvelles. D’abord, la pause climatique n’existe plus. Depuis une dizaine d’années, les climatologues constatent un certain décalage entre les émissions de gaz à effet de serre (GES) et la dynamique du réchauffement. En gros, la température moyenne globale ne se réchauffe plus au rythme auquel croît la concentration de GES dans l’atmosphère. Abondamment utilisée par les climato-sceptiques pour mettre à mal la climatologie, cette pause climatique, eh bien, n’existe pas, tout simplement.

 

Comme le relate Sylvestre Huet, de Libération, il s’agit en fait d’un vulgaire biais instrumental. Se basant sur un article de Kevin Cowtan (université de York, Royaume-Uni) et Robert Way (université d'Ottawa, Canada), notre confrère explique que le concept de cette pause est né du suivi de la Température Globe (Tg), tel que réalisé par le Hadley Research Centre britannique (HRC).

 

Fondamental pour évaluer le réchauffement, «cet indicateur se construit ainsi: la mesure de la température de l'air à un mètre au dessus du sol et celle de la surface des océans. Le tout porté sur une grille ’posée‘ à la surface de la Terre et formée de "mailles" où la température est moyennée, puis la moyenne arithmétique pour l'ensemble du globe est calculée», détaille notre confrère.

 

Actuellement, trois centres de recherche réalisent cette évaluation: le HRC, l’administration des océans et de l’atmosphère US (NOAA) et l’institut Goddard pour les études spatiales (GISS, université de New York et Nasa).

 

Problème pour les négationnistes du réchauffement, les courbes des deux dernières institutions ne montrent aucune pause depuis 15 ans. Raison pour laquelle ils n’utilisent que la première dans leur travail de désinformation. Dans leur article, Kevin Cowtan et Robert Way expliquent que les différences entre les trois modèles sont le fruit d’une «mauvaise» prise en compte par le HRC de l’évolution des températures dans l’Arctique.

 

En utilisant des données satellitaires, les deux chercheurs canadiens ont corrigé ce biais. Résultat: la nouvelle courbe du HRC se place entre celles de la NOAA et du GISS, et fait état d’un réchauffement de 0,12°C par décade, entre 1951 et 2012. Terminée, la pause climatique.

 

D’autant qu’un très puissant gaz à effet de serre vient de faire son apparition dans l’atmosphère. Bien connu des industries électriques et électroniques, qui l’utilisent depuis un demi-siècle, le perfluorotributylamine (PFTBA) est désormais mesurable, en très faibles quantités, dans l’air ambiant.

 

Réalisée par une équipe de l’université de Toronto, cette découverte n’est pas des plus réjouissantes. Selon les chercheurs canadiens, qui ne citent pas les niveaux de concentration qu’ils ont déterminés, le PFTA est l’un des GES ayant le plus important potentiel de réchauffement climatique: 7.100 fois supérieur à celui du CO2 durant une période d’un siècle.

 

Pour le moment, ce triste record n’est battu que par le HFC-23 (et son PRG de 11.700), l’hexafluorure de soufre (23.900), le perfluoroéthane (9.200), le perfluorocyclobutane (8.700), le perfluoropentane (7.500) et le perfluorohexane (7.400), indique le secrétariat de la convention de l’ONU sur le changement climatique.

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus