Bientôt moins de fongicides dans les vignes?

Le 19 mai 2017 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le mildiou, maladie fongique
Le mildiou, maladie fongique

Trois premiers cépages de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), résistants à l’oïdium et au mildiou, ont obtenu fin avril un classement temporaire. Ce qui ouvre la possibilité de plantations limitées, avant une inscription au catalogue des cépages prévue en janvier 2018.

Le potentiel de ces cépages résistants, obtenus par croisement avec des variétés naturellement résistantes (ce ne sont donc pas des OGM), est important: selon les travaux de l’Inra, ils pourraient réduire «de 80% à 90%» l’usage de fongicides, principaux pesticides utilisés dans la viticulture, rappelle Christian Huyghe, directeur scientifique agriculture à l’Inra, contacté par le JDLE.

Suite à un arrêté publié le 27 avril au Journal officiel, trois de ces cépages résistants de l’Inra ont obtenu un classement temporaire, ce qui ouvre la voie à une plantation limitée à 3 ou 20 hectares –selon l’état d’avancement du dossier- par bassin, sur les 20 que compte la France.

Inscription au catalogue début 2018

Issu de la série «ResDur1» (pour Résistances Durables), un quatrième cépage devrait suivre. Après ce classement temporaire, l’inscription au catalogue des cépages est prévue en janvier 2018, avant un classement définitif qui ouvre le droit à la commercialisation.

Dans la foulée de ces quatre cépages ResDur1, 17 autres, de la série ResDur2 (issus d’autres types de croisements), devraient aussi devenir disponibles pour expérimentation, au titre du classement provisoire, à compter de 2018. Et ce en vue d’une inscription et d’un classement définitif à partir de 2021, prévoit l’Inra.

Des résistances polygéniques

Avantage de ces divers cépages «ResDur», ils possèdent, aussi bien pour l’oïdium que pour le mildiou, trois gènes de résistance. Ce qui diminue fortement le risque de résistance chez les champignons, phénomène observé avec d’autres cépages à résistance monogénique, tels que ceux déjà disponibles en Allemagne et en Suisse.

A ce jour, seule une trentaine de parcelles en France ont été plantés avec de tels cépages, pour la plupart étrangers (Allemagne, Suisse, Italie), principalement en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. Avec le classement temporaire des trois cépages, l’Inra et l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) comptent aller plus loin.

Un déploiement prévu dans le sud

Jeudi 18 mai à Brens (Tarn), ils ont signé avec deux interprofessions, à savoir le Conseil interprofessionnel des AOC du Languedoc et des IGP Sud de France (CIVL) et l’Interprofession des vins du Sud-ouest (IVSO) des engagements «pour contribuer au déploiement de ces variétés grâce à des plantations par des viticulteurs adhérents», indique l’Inra.

Au lieu d’une quinzaine de traitements fongicides par an, les viticulteurs n’auront à en pratiquer que deux, indique Christian Huyghe, selon qui il «s’agit de se protéger contre des maladies qui pourraient réapparaître», jusqu’alors cachées par les incessants traitements chimiques appliqués contre l’oïdium et le mildiou.

«Une vraie rupture»

Pour les viticulteurs, l’arrivée de ces cépages va constituer «une vraie rupture, et il y a une attente extrêmement forte pour aller le plus vite possible», juge le directeur scientifique. D’autant que la vigne est l’une des cultures les plus consommatrices de pesticides, et que les objectifs de réduction, mis en place par Ecophyto, semblent bien loin d’être atteints.

Afin de suivre ces cépages, l’Inra et l’IFV ont mis D’en place un observatoire, dénommé OsCaR (Observatoire national du déploiement des cépages résistants), afin d’évaluer l’éventuelle survenue de résistances, mais aussi la façon dont les pratiques viticoles et œnologiques évolueront.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus