Bien-être animal: un peu d’humour dans un monde brutal

Le 20 juin 2017 par Marine Jobert
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Les bêtes noires de la pub.
Les bêtes noires de la pub.
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Pas de queue coupée, ni de veau enlevé à sa mère. Dans la publicité pour les produits animaux, les étapes de l’élevage sont soigneusement occultées, dénoncent des associations pour le bien-être animal. Elles ont organisé un trophée des pubs les plus mensongères, avec l’aide d’artistes et d’humoristes.

Des animaux dans un cadre idyllique, heureux et satisfaits de fournir leur chair, leur lait ou leurs œufs. C’est ainsi que la publicité montre le plus souvent les produits fabriqués à partir de produits animaux. Or, estime un collectif de 19 associations militant pour le bien-être animal, «l’écart existant entre [ces] contenus et la réalité vécue par les animaux» est énorme. C’est pour détricoter et dénoncer ces représentations qu’a été créé, l’an passé, le trophée des bêtes noires de la pub, à l’instar des prix Pinocchio[1] organisés par les Amis de la Terre. Les spots sont sélectionnés et distingués par les internautes et les prix ont été remis lundi 19 juin par plusieurs humoristes, dont Guillaume Meurice.

Cachez ce veau que je ne saurais voir

Six catégories étaient représentées: mauvais goût, packagings trompeurs, alibi santé, victime consentante, illusion de l’élevage heureux et animal effacé. «Il faut un processus mental pour que le consommateur ne se pose pas trop de questions quand il consomme des produits animaux», décrypte Benoît Thomé, le président d’Animal Cross. Et de fait, pas de veau arraché à sa mère, pas de caillebotis pour les porcs, pas de hangar à perte de vue pour les volailles et encore moins de canards en plein gavage sur les images. «Légalement, ces publicités sont globalement acceptables, reconnaissent les associations. Pour être légales, ces publicités n’en sont pas pour autant légitimes. C’est le devoir des associations de protection des animaux de mettre en garde les annonceurs et de leur demander de cesser de produire de telles publicités qui conditionnent non seulement les adultes mais aussi les enfants.»

Pas de canard pour le foie gras

Interbev –l’interprofession pour la viande- écope du trophée du ‘mauvais goût’, pour son «offre pédagogique» à destination des écoles, «qui en plus de se substituer aux professionnels de l’éducation explique qu’une protéine est forcément animale!», dénonce Benoît Thomé. Pour la catégorie ‘animal effacé’, pas de trace de palmipède ou de volaille pour illustrer des publicités pour un marchand de nuggets ou vanter la saveur d’un foie gras. «Ils ne peuvent tellement rien dire à propos des mauvaises conditions d’élevage qu’on ne parle même plus de l’animal», constate le président d’Animal Cross.

L’humour pour diffuser le message

Après les vidéos de l’association L214, souvent pénibles à regarder, pourquoi recourir à ces trophées à l’humour grinçant? «Les artistes apportent leur notoriété, leur sensibilité et font sortir le sujet du monde militant, observe Benoît Thomé. Il existe des reportages plus instructifs, avec un ton plus sérieux. Mais le fait de dire les choses avec humour prend les gens à revers. C’est une autre manière de parler du bien-être animal.»



[1] qui visent à confronter les discours des multinationales en faveur du développement durable à la réalité de leurs actes violant les droits sociaux et environnementaux.

 



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