Bhopal, la ville des cancers

Le 02 mars 2011 par Geneviève De Lacour
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Abandonnée, l'ancienne usine de pesticides est laissée sans surveillance.
Abandonnée, l'ancienne usine de pesticides est laissée sans surveillance.

En, 1984 une cuve d’isocyanate de méthyl explosait dans l’usine de pesticides d’Union Carbide de Bhopal, faisant des milliers de victimes asphyxiées par le gaz. 26 ans après la catastrophe, la population en souffre encore. Un suivi sanitaire des personnes affectées par le gaz, les «gas affected people», avait été réclamé par les victimes et prévu par les autorités indiennes. L’Indian Council Medical Research (ICMR) s’apprête à publier un nouveau rapport sur l’évolution des cancers entre 1988 et 2007: une étude déjà contestée par les ONG.

 

La catastrophe de Bhopal fait toujours parler d’elle, même indirectement, et cela 26 ans après l’explosion de la cuve d’isocyanate de méthyl (MIC)  de l’usine Union Carbide. Selon The Times of India du 27 février, l’ICMR serait sur le point de publier un rapport sur l’évolution du nombre de cancers à Bhopal entre 1988 et 2007.

Selon cette étude, le nombre de Bhopalis atteints par le cancer aurait triplé entre 1988 et 2007 parmi les hommes et doublé parmi les femmes. Cette augmentation concerne à la fois les zones touchées par la pollution de 1984 et les zones non contaminées. Parmi les cancers mentionnés, le cancer de la langue (il a été multiplié par 3,8), le cancer de la bouche (multiplié par 3,3) ainsi que les cancers du pharynx, de l’œsophage et du poumon. Pour le moment, les travaux de l’ICMR ne mettent pas directement en cause la catastrophe, mais plutôt le tabac. Satinath Sarangi qui, à la tête des ONG locales pour la défense des victimes de la pollution, connaît bien ces chiffres a déclaré que «Les informations fournies par le PBCR (Population Based Cancer Registry, le registre des cancers) le 18 décembre 2006 ont montré que les cas de cancer avaient triplé entre 1986 et 2002, passant de 354 cas en 1986 à 1027 en 2002 et alors que la population de Bhopal a très nettement augmenté. Cependant un autre document publié par le PBCR mettait en évidence l’existence de 4684 cas de cancers enregistrés à Bhopal uniquement pour la période 1990-1996. »

 «Nous ne pouvons pas affirmer que ces cancers soient dus aux émanations d’isocyanates de méthyle. Cependant, nous pensons qu’ils peuvent être causés par une augmentation de la consommation de tabac puisqu’on observe des cancers du poumon, de la langue, de la bouche et de l’œsophage. A Hiroshima et Nagasaki, les survivants ont été suivis durant des années, ce qui a permis de constater une hausse spectaculaire des leucémies provoquées par l’atome. C’est pourquoi à Bhopal, nous devons poursuivre la collecte des informations», explique le docteur Nandakumar de l'lCMR. Changement de ton côté Bhopal: «Les informations présentées ne sont pas vraies selon nous. Nous savons que les agents du PBCR qui ont collecté les données pour l’ICMR ne l’ont effectivement réalisé que sur 5 des 64 structures hospitalières et dispensaires qui auraient dû être suivis. Il existe aussi un problème de présentation des données, ils parlent de zones contaminées au lieu de parler de personnes affectées par le gaz. Enfin, dans ce rapport, aucune mention n’est faite de la pollution de lanappe phréatique», précise Satinath Sarangi. Le site d’Union Carbide, racheté en 2001 par Dow Chemical est maintenant à l’abandon et selon différentes ONG, dont Greenpeace qui a réalisé une évaluation de la pollution du site en 2003, la pollution y serait encore bien présente, continuant à contaminer les eaux souterraines. Et ce nouveau rapport controversé ne va pas apaiser les esprits.



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