Berta Caceres, assassinat d’une militante écologiste hondurienne

Le 04 mars 2016 par Marine Jobert
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Berta Caceres, prix Goldman 2015, l'équivalent du Nobel pour l'environnement.
Berta Caceres, prix Goldman 2015, l'équivalent du Nobel pour l'environnement.

La Hondurienne Berta Cáceres a été assassinée le 3 mars par des inconnus alors qu'elle rentrait chez elle, à La Esperanza, à environ 200 kilomètres au nord-ouest de Tegucigalpa, capitale du Honduras. «La police dit que c'était pour la voler, mais c'est un crime politique du gouvernement» hondurien, a affirmé Carlos H. Reyes, dirigeant du Front national de résistance populaire (FNRP) à l'Agence France Presse. En 2015, elle avait reçu le prix Goldman, l’équivalent du prix Nobel en matière d’environnement.

 

Née en 1971, elle avait fondé en 1993 le Conseil national des organisations indigènes et populaires du Honduras, pour venir en aide aux communautés indigènes dans leur lutte pour le respect de leurs droits territoriaux. A partir de 2006, Berta Cáceres s’implique dans la sauvegarde de la rivière Gualcarque, menacée par un projet de barrage qui aurait privé des centaines d’Indiens d’accès à l’eau. Depuis, les projets de grandes infrastructures se sont multipliés sous l’impulsion du gouvernement arrivé au pouvoir en 2009 à la faveur d’un coup d’Etat. Et la tension va monter.

 

Berta Cáceres connaît des victoires éclatantes: la Banque mondiale, le Chinois Sinohydro, des institutions néerlandaises et finlandaises et les entreprises allemandes Siemens et Voith vont, sous la pression, se retirer du projet de barrage ‘Agua Zarca’. Cependant, le 20 février dernier, à l’issue d’une manifestation à Rio Blanco, des militants ont été détenus arbitrairement et la jeune femme avait encore une fois été menacée.

 

Le Honduras est considéré comme le pays le plus dangereux pour les activistes en matière d’environnement, rapporté au nombre d’habitants. Entre 2010 et 2014, 101 d’entre eux ont été tués, a décompté Global Witness. L’ONG illustre d’ailleurs son rapport avec une photo de veillée funéraire à laquelle participe… Berta Cáceres. «Ils me suivent. Ils menacent de me tuer, de m’enlever, ils menacent ma famille. (…) Nous devons nous engager dans la bataille partout dans le monde, où que nous soyons, car il n’existe pas de planète de rechange. Nous n’avons que celle-ci et nous devons agir.»



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