Berne et Londres peinent à décarboner leur économie

Le 15 juillet 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les renouvelables ne suffisent pas à décarboner la Suisse.
Les renouvelables ne suffisent pas à décarboner la Suisse.
SIG

En Suisse ou au Royaume-Uni, on peine à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et les outils choisis par Londres et Berne pour alléger leur empreinte carbone diffèrent du tout au tout.

Selon les statistiques que l’Office fédéral suisse de l’environnement (Ofev) a mis en ligne lundi 14 juillet, les émissions de la Confédération helvétique de 2012 sont comparables à celle de 1990 (52 millions de tonnes équivalent CO2 par an). Semi-échec ou semi-victoire, c’est selon.

Les optimistes arguent du fait que, durant ces deux décennies, le PIB suisse a progressé de 36%, la surface de bâtiments chauffés s’est accrue de 31% et le nombre de voitures a bondi de 36%. Il y a aussi 19% de Suisses en plus.

Les pessimistes rappellent que la Confédération n’a pas respecté ses engagements internationaux. Le protocole de Kyoto impose à l’état neutre d’abattre de 8% ses rejets de GES entre 1990 et 2012.

La Suisse va alourdir sa fiscalité carbone

Pour alléger son empreinte carbone, Berne devrait donc alourdir la fiscalité pesant sur les combustibles fossiles. La législation helvétique a en effet fixé une courbe de décroissance des émissions imputables aux combustibles. Si ces objectifs intermédiaires ne sont pas tenus, le montant de la taxe augmente. En 2014, ces émissions doivent être inférieures de 24% à celles de 1990. Ce n’est pas gagné. L’an passé, les chaudières suisses ont craché seulement 20% de carbone en moins qu’en 1990. En toute logique, la taxe CO2 devrait donc passer, dès 2016, de 60 à 72 francs la tonne de CO2, voire 84 francs.

La situation n’est guère meilleure pour les rejets carbonés imputables aux consommations de carburants. Conséquence de l’inflation du parc automobile suisse, les émissions de CO2 liées au super ou au gazole ont augmenté de 12,4% entre 1990 et 2013. Les importateurs devront payer de plus en plus pour financer des projets de compensation d’émission en Suisse. Entre 2014 et 2020, la part des émissions «automobiles» que les pétroliers devront compenser passera de 4% à 10%.

- 31% de GES d'ici à 2025

Bien loin des Alpes, le Royaume-Uni peine lui aussi à se décarboner. Dans un rapport remis au Parlement, le 15 juillet, le Committee on Climate Change (CCC) estime que le pays est sur une mauvaise pente carbonique.

Pour diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre (un objectif à 2050), le Royaume-Uni doit respecter des budgets carbone quinquennaux. Londres s’était ainsi engagé à ne pas émettre plus de 3 Mdt éq. CO2 entre 2008 et 2012. Objectif atteint! C’est pour la suite que le conseiller climat du gouvernement s’inquiète.

Une bonne partie des réductions réalisées ces dernières années sont, en effet, le fruit de la… récession économique. Or le 4e budget carbone impose d’abattre de 31% les rejets de GES d’ici à 2025. Au vu des politiques actuelles, estime le CCC, la Grande-Bretagne ne pourra réduire ses émissions que de 21% en 12 ans.

Pour faire mieux, l’institution indépendante recommande de développer significativement le nombre de rénovation thermique de logements et de faciliter l’acquisition par les particuliers de pompes à chaleur. Le CCC suggère aussi qu’un objectif d’intensité carbone soit fixé au secteur électrique, afin de faciliter l’investissement dans les domaines de l’éolien et du captage-stockage géologique de carbone (CSC). Pour favoriser le développement du véhicule électrique (avec conduite à droite), le rapport suggère à l’administration Cameron de favoriser le financement de bornes de recharge. Décidément bien difficile à mener, cette transition énergétique.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus