Belgique: la sortie du nucléaire s’annonce complexe

Le 15 juin 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Marie-Christine Marghem, ministre fédérale de l’énergie.
Marie-Christine Marghem, ministre fédérale de l’énergie.
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La relance du nucléaire est au cœur du débat parlementaire, outre-Quiévrain. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement fédéral tente de faire voter une loi prévoyant de prolonger de 10 ans la durée de vie des réacteurs n°1 et n°2 de la centrale de Doel. Mises en service en 1974 et 1975, ces deux tranches de 440 mégawatts électriques auraient normalement dues être définitivement arrêtées après 40 ans de service, au titre de la loi Deleuze de 2003.

Problème: le parc nucléaire belge connaît quelques problèmes. Les cuves des réacteurs n°3 de Doel et n°2 de Tihange (2014 MWe à eux deux) sont bardées de microfissures. Arrêtés en 2012, nul ne sait s’ils redémarreront. Ce qui réduit les marges de sécurité électrique du royaume, notamment durant l’hiver.

Prolongation décennale

Pour se donner un peu de marge énergétique, Bruxelles veut allonger de 10 ans la durée de vie de Doel 1 et 2. Ce qui suppose de modifier la loi sur la sortie du nucléaire. Ce travail législatif a été engagé fin 2014. Il devait être concrétisé, début juin, par l’adoption d’un projet de loi présenté par Marie-Christine Marghem, ministre de l’énergie. Las, le vote a été repoussé, l’opposition ayant obtenu in extremis que la légalité de la «prolongation décennale» soit validée par le Conseil d’Etat. Deux visions s’affrontent. Côté gouvernement fédéral, on affirme qu’une fois le texte voté, une simple autorisation administrative suffira pour faire redémarrer les deux réacteurs nucléaires. L’opposition et les anti-nucléaire estiment, quant à eux, qu’il faudra passer par une enquête publique, à l’issue incertaine.

600 millions d’euros

Pour ne rien arranger, une révélation pollue un peu plus les débats. Vendredi 12 juin, L’Echo a publié un accord secret passé avec les propriétaires de la centrale nucléaire de Tihange, au terme duquel Bruxelles devrait verser 600 millions d’euros de dédommagements à Engie et EDF en cas de fermeture anticipée de la centrale avant octobre 2025. Un montant qui correspond aux investissements que devront réaliser les deux électriciens pour améliorer le niveau de sûreté de l’installation, rappellent-ils. Pour autant, la publication de l’accord secret a un peu plus fragilisé la ministre de l’énergie.

Devant la lenteur des débats parlementaires, celle-ci pourrait changer son fusil d’épaule. Selon la presse belge, le cabinet de Marie-Christine Marghem étudie désormais la construction accélérée d’une interconnexion (700 MW) avec les Pays-Bas, pour pouvoir importer davantage de courant dès cet hiver. Autre possibilité: l’achat ou la location de groupes électrogènes de grande puissance au fioul. Pas de quoi améliorer le bilan carbone de la Belgique.

 



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