Belgique: expérience concluante du tarif différentiel

Le 28 juin 2005 par Delphine Moninot
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Evoqué lors du colloque national Déchets et territoires, organisé par l'Ademe à Paris les 22 et 23 juin, le système d'un tarif différentiel selon le poids de déchets présentés au ramassage semble faire ses preuves en Belgique.

L'optimisation de la collecte des déchets passera-t-elle par le tarif différentiel, si difficile à mettre en place nous dit-on en France ? L'expérience de l'Intercommunalité Durme Moervaart (IDM) en Flandres (Belgique) semble en tout cas concluante. Mis en place depuis le 1er juillet 2002 dans les six communes de l'IDM, le système «Diftar» de tarifs différents selon le poids d'ordures présentées au ramassage a permis de réduire de 43% la quantité de déchets résiduels incinérés. L'objectif était de diminuer l'incinération de 30% et la quantité de déchets verts de 35%, ainsi que de stimuler le compostage individuel. «En 1998, la quantité de déchets fermentescibles était de 134 kilogrammes par habitant (kg/hab) et celle des déchets résiduels partant à l'incinération était de 188 kg/hab», a indiqué Dirk Strubbe, le directeur de l'IDM. L'introduction d'une puce sur les bacs de déchets, qui comptabilise le poids présenté au ramassage et fait payer l'habitant en conséquence, a permis de ramener la quantité de déchets verts déposés au ramassage de 134 kg par habitant en 2000 à 56 kg en 2004, soit une diminution de 58%.

Une des explications de cette diminution est l'introduction d'une solution alternative à la présentation des déchets verts: le compostage individuel. «Il a été promu à travers des campagnes d'information et des bacs à composts distribués», a expliqué Dirk Strubbe. Celui-ci attribue la grande baisse de la fraction résiduelle par une accélération du tri des déchets recyclables qui auparavant se retrouvaient à l'incinération. De plus, comme chaque présentation de bac est payante, les habitants le présentent en moyenne une seule fois par mois, contre tous les quinze jours auparavant. «Ces baisses nous ont permis des gains logistiques : les collectes que nous avons maintenues tous les quinze jours sont devenues deux fois moins longues, ce qui a permis d'économiser en hommes et en matériel», a ajouté Dirk Strubbe. Malgré les investissements consentis pour la mise en place du système Diftar, il chiffre l'économie réalisée à 14% sur quatre ans, soit un gain cumulé de un million d'euros. «Le coût total pour un ménage moyen est de 128 euros annuels, en comptant la taxe fixe de 70 euros sur les ordures ménagères», a précisé Dirk Strubbe.

La collaboration des élus a été primordiale. «Si les élus ne sont pas partie prenante, ça ne marche pas», a souligné Dirk Strubbe. L'autre clé de la réussite aura été une forte dimension pédagogique auprès des populations. «Nous avons conduit une enquête où les gens pouvaient exprimer leurs souhaits quant à la taille des bacs par exemple. Nous avons informé de la mise en place du système par mails personnels, qui indiquaient les dates de livraison des bacs, des tournées, etc. Et depuis l'introduction du Diftar, un numéro vert est accessible pour toutes les questions», a-t-il précisé. Seule ombre au tableau: les ordures déposées en «décharges sauvages» ont augmenté de 3%, ce qui représente trois tonnes sur les 10.000 tonnes de déchets produits annuellement par les 105.000 habitants de l'intercommunalité.


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