Beijing veut ralentir

Le 01 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La croissance économique pourrait n'être que de 7% à 8% ces 5 prochaines années.
La croissance économique pourrait n'être que de 7% à 8% ces 5 prochaines années.

Dévoilé dans les prochains jours, le prochain plan quinquennal chinois prône une croissance modérée et une utilisation des ressources naturelles plus efficace.

 

La Chine s’éveille aux questions environnementales. Et cela n’est pas delapropagande. Depuisquelques semaines, le gouvernement chinois ne cesse d’envoyer des signaux montrant que le prochain plan quinquennal (2011-2015) sera des plus verts.

 

Et cela commencera par une croissance économique moins forte que ces dernières années. Selon nombre d’articles et d’annonces ministérielles, Beijing voudrait limiter à 7 ou 8%  la hausse annuelle du produit intérieur brut, contre une moyenne annuelle de 10,4% observée ces 10 dernières années par l’université Tsinghua.

 

Cette marche forcée, la Chine l’a voulue. A la fin des années 1990, l’empire du milieu s’était fixé comme objectif de doubler la taille de son économie en 20 ans. C’est désormais chose faite. La Chine est désormais la seconde puissance économique de la planète et le premier exportateur. Mais aussi le premier émetteur mondial de gaz carbonique. Et un énorme consommateur de matières premières: 3 e importateur mondial de brut, plus gros consommateur mondial de charbon. Dans les vingt années qui viennent, elle représentera, à elle seule, la moitié de la croissance de la demande mondiale en énergie.

 

Un rythme insoutenable. «Jamais, durant l’histoire chinoise multimillénaire, le conflit entre l’humanité et la nature n’avait été aussi exacerbé qu’aujourd’hui», écrit d’ailleurs sur le site de son ministère, le ministre de l’environnement, Zhou Shengxian.

 

Et de fait, selon le dernier rapport sur l’état de l’environnement, la nature paie un très lourd tribut au développement économique. Plus de 20% des cours d’eau sont tellement pollués qu’ils ne pourraient être utilisés pour l’irrigation. Environ 1,2 million de km 2 sont arrosés par des pluies acides, soit 12,6% du territoire national.

 

Pour renverser la vapeur, l’empire du milieu devrait baser son 12 e plan quinquennal sur une meilleure utilisation des ressources. Dans un échange avec les internautes, le premier ministre, Wen Jiabao, a indiqué dimanche qu’en 2015, l’économie chinoise consommerait 16% à 17% de ressources en moins qu’aujourd’hui pour produire un point de PIB. En 2009, Beijing s’est aussi engagée, auprès de l’ONU, à réduire de 40 à 45% son intensité carbone d’ici 2020.

 

Pour y parvenir, les Chinois devraient continuer de fermer les entreprises les plus polluantes et les plus émettrices de gaz à effet de serre. Les prix de l’énergie devraient être revus àla hausse. Etil n’est pas exclus que des marchés régionaux de quotas d’émission de CO 2 voient le jour.

 

Bref, comme le souligne la Commissaire européenne aux affaires climatiques, Connie Hedeggard, «ce plan va surprendre beaucoup d’Européens, sans compter les Américains».

 

 

 



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