Bâtiments tertiaires : en attendant le décret

Le 19 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'étude porte sur une quinzaine de millions de mètres carrés.
L'étude porte sur une quinzaine de millions de mètres carrés.
VLDT

Le plan Bâtiment durable a présenté les premiers résultats d’expérimentations menées par des signataires de la charte pour l’efficacité énergétique des bâtiments tertiaires. Des données dont pourraient s’inspirer les rédacteurs du décret sur la rénovation de l’immobilier tertiaire.

Il y a presque trois ans, le JDLE dévoilait les contours du décret sur la rénovation de l’immobilier tertiaire. Las, ce texte, très attendu par les gestionnaires, les foncières, les locataires et accessoirement les entreprises du BTP, n’est toujours pas… écrit. C’est ce qu’a confirmé, ce vendredi 19 septembre, Marie-Christine Roger, du ministère de l’écologie, au cours d’une réunion plénière des signataires de la charte pour l’efficacité énergétique des bâtiments tertiaires.

A cette occasion, le plan Bâtiment durable a présenté le premier rapport de suivi de ce mouvement volontaire. En clair, quelles économies d’énergie ont réellement faites les propriétaires ou les gestionnaires d’immeubles tertiaires signataires de la charte? La réponse n’a rien de définitif, le plan Bâtiment durable n’ayant recueilli qu’une trentaine de contributions.

15 millions de mètres carrés

Pour autant, ces témoignages portent sur près de 1.000 bâtiments, représentants une quinzaine de millions de mètres carrés, soit environ 1,5% du parc national, rappelle Olivier Teissier, chef de projet au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Sur la base d’un diagnostic initial, la plupart de ces pionniers se sont fixé pour objectif d’abattre de 20%à 30% la consommation d’énergie de leurs bâtiments d’ici 2020. Des buts qui, à l’évidence, ne sont pas faciles à atteindre.

Cartographie précise

Principal écueil: le comptage de l’énergie. De nombreux experts réunis ce matin dans l’arche de La Défense, ont rappelé la difficulté d’évaluer avec précision la consommation d’énergie dans un immeuble tertiaire. «Et notamment de distinguer les consommations des parties communes de celles des espaces privés», souligne Jean-Pierre Auriault. Pour le directeur Développement durable de BNP Paribas Real Estate, l’obstacle peut être contourné en épluchant l’historique mensuel des consommations sur plusieurs années. «Cela permet de réaliser une cartographie très précise des consommations, qui tient compte d’éventuels changements d’usage de l’immeuble et des aléas climatiques», affirme le président de l’Institut français pour la performance des bâtiments.

Cette donnée acquise, les propriétaires ou gestionnaires d’immeubles ont tous suivi la même stratégie: actions sur l’usage, amélioration de l’exploitation et grands travaux.

Sensibilisation, exploitation, travaux

Dans le premier cas, il s’agit surtout de sensibiliser les utilisateurs de l’immeuble à ces petits gestes (extinction des lampes ou de l’ordinateur quand on quitte son bureau, par exemple) qui, agrégés, permettent de réduire de 5 à 10% la consommation d’énergie. Le tout pour un investissement modique. En modifiant les réglages de la gestion technique du bâtiment, de la ventilation, de l’éclairage, les équipes d’exploitation ou de maintenance peuvent aussi apporter leur pierre à l’édifice. Et abattre de 10% à 20% la demande énergétique de l’immeuble.

Faciles d’apparence, ces actions ne sont pas anodines, souligne le rapport. «Elles nécessitent souvent un dialogue accru avec les utilisateurs ou les fournisseurs. Jouer sur des températures de consigne, rationnaliser et optimiser l’espace dédié à chaque poste de travail ou mutualiser les équipements de bureautique correspondent à des évolutions progressives.»

Energie pas assez chère

Ce n’est qu’à l’occasion d’un projet de remise au niveau du marché, par exemple, que des travaux de rénovation lourds peuvent être entrepris. Efficaces[1], ces opérations restent peu rentables. «Dans les conditions actuelles du prix de l’énergie, ces opérations ne peuvent être rentabilisées par les seules économies d’énergie. Et elles ne donnent de résultats qu’au bout de 7 à 8 ans», concède Olivier Teissier.

S’il est peu probable que le fameux décret voit le jour cette année, de l’avis de Philippe Pelletier le président du plan Bâtiment durable, le texte devrait néanmoins prendre en compte les résultats de ces premières expérimentations. C’est du moins la promesse faite aux experts par Marie-Christine Roger.



[1] Améliorer les performances énergétiques de l’enveloppe et remplacer l’installation de chauffage peuvent réduire de moitié la consommation d’un bâtiment énergivore.

 



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