Bâtiment: un gisement important d’économies d’énergie

Le 28 avril 2009 par Sonia Pignet
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Un rapport international sur l’efficacité énergétique des bâtiments a été rendu public hier 27 avril. Grâce à une approche micro-économique, il établit une feuille de route pour transformer le secteur du bâtiment, afin de réduire de 60% sa consommation énergétique d’ici 2050.

130 milliards de mètres carrés. C’est la surface totale étudiée par les membres du WBCSD, le World Business Council for Sustainable Development (ou Conseil mondial des entreprises pour le développement durable en français), dans le cadre de leur nouveau rapport intitulé «Transformer le marché: efficacité énergétique des bâtiments». Cela représente 900.000 structures, dont 800.000 résidentielles et 100.000 commerciales, situées en Europe, aux Etats-Unis, en Chine, en Inde, au Brésil et au Japon.
L’originalité de l’étude, financée par 14 des 200 multinationales associées au sein du WBCSD (1), est qu’elle repose sur une approche micro-économique, basée sur des mécanismes de marché pour comprendre quelles sont les barrières à la réduction de la consommation d’énergie, et s’appuie sur l’analyse la plus détaillée de l’état actuel de la demande énergétique dans les bâtiments. Après avoir enregistré des millions de données (tenant compte notamment du climat des régions et de l’architecture des bâtiments), les avoir soumises à «200.000 équations» (d’après George David, président de la société United Technologies Corporation et co-président du WBCSD), le modèle a livré ses conclusions.

Avec 40% de la consommation énergétique et des émissions de CO2 au niveau mondial dues aux bâtiments, le secteur représente un gisement d’économies très important, qu’il est essentiel d’exploiter. Pour Björn Stigson, le président directeur général du WBSD, «il est possible de réduire la consommation énergétique des bâtiments de 60% d’ici 2015, à condition de s’y mettre dès maintenant». Pour atteindre ce pourcentage d’amélioration, le rapport émet 6 recommandations.

Tout d’abord, renforcer les codes de construction et l’attribution de labels de qualité énergétique. «En matière de sécurité de la vie humaine, nous acceptons le surcoût. Il faut qu’il en soit de même avec la lutte contre les gaz à effet de serre», a expliqué George David. Le rapport suggère de légiférer de manière que les permis de construire ne soient accordés qu’aux bâtiments répondant à des normes d’efficacité énergétique.
Autre préconisation, recourir à des subventions et des signaux de prix pour promouvoir les investissements en la matière. «Au-dessous de 250 dollars la tonne, le coût du carbone n’a aucun effet», a rapporté Björn Stigson. Conclusion, il vaut mieux réglementer, et inciter par des crédits d’impôts les investissements dans des équipements à haute efficacité ou utilisant de l’énergie d’origine renouvelable.

«Il faut encourager l’approche globale», a également insisté Bruno Lafont, président directeur général de Lafarge et également co-président du WBCSD: forme du bâtiment (cubique de préférence pour éviter les déperditions), ventilation naturelle, géothermie, etc. «Si l’on appliquait d’ores et déjà les technologies disponibles les plus performantes, on multiplierait par deux la moyenne de l’efficacité énergétique des bâtiments d’ici 10 ans», a rappelé George David.

Cependant, et c’est l’objet de la quatrième recommandation, il est impératif que les sociétés poursuivent leurs efforts en matière de recherche et développement, pour le neuf comme pour l’existant. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne les technologies pour chauffer l’eau, encore beaucoup trop consommatrices, car pas assez tournées vers la prise en compte du cycle thermodynamique.

Le cinquième point soulevé par le rapport porte sur la formation. Il constate en effet une pénurie de main d’œuvre qualifiée et suggère de créer et de valoriser les formations en bâtiments basse consommation. «Il faudrait créer un nouveau métier: améliorateur de performances énergétiques», a indiqué Bruno Lafont.

Enfin, une mobilisation en faveur d’une culture de l’énergie est indispensable, estiment les auteurs du document. Pour cela, il faut déployer à l’échelle mondiale des campagnes d’information et communiquer sur les économies que permet l’amélioration de l’efficacité énergétique d’un bâtiment. «Les professionnels du bâtiment sous-estiment les économies réalisables, et surestiment leurs coûts», a rapporté George David lors de la présentation du rapport, qui a eu lieu à Paris à l’occasion du Forum mondial sur l’efficacité énergétique organisé par l’ONG américaine «Alliance to Save Energy». Par exemple, «alors que le surcoût pour la construction de bâtiments basse consommation n’est que de 5%, les professionnels du secteur l’évaluent à 17%», a souligné Bruno Lafont. «Il est difficile de trouver quelqu’un qui ait une approche holistique du bâtiment. C’est un grand enjeu pédagogique et de communication», a conclu Björn Stigson.

Les membres du WBSCD ont joint à leur rapport une feuille de route assez précise afin de tenir l’objectif de réduction de consommation énergétique qu’ils annoncent.

(1) Si le rapport a été financé par des entreprises, essentiellement du secteur du bâtiment, ces dernières ont pris soin de le faire superviser par un collège d’experts académiques.


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