Batho torpille le gouvernement

Le 04 juillet 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Future député, Delphine Batho pourrait donner un coup de main à la fondation de Nicolas Hulot.
Future député, Delphine Batho pourrait donner un coup de main à la fondation de Nicolas Hulot.
VLDT

On avait rarement vu cela. Moins de deux jours après son débarquement brutal [JDLE], Delphine Batho a convoqué, jeudi 4 juillet, une conférence de presse, à l’assemblée nationale, pour donner sa version de l’histoire.

Commençant par rappeler son long parcours militant, «commencé à l’âge de 13 ans», l’ex-ministre de l’écologie a rappelé qu’elle «n’avait jamais été prise en défaut de loyauté», ni à l’égard de sa famille politique, du président de la république ou du premier ministre. Ses déclarations à RTL sur le «mauvais budget» 2014 du ministère de l’écologie ?

La future députée des Deux-Sèvres (elle retrouvera son siège dans un mois) les assume. «Je n’ai pas violé la charte de déontologie du gouvernement, qui prévoit la collégialité ». Or, cette collégialité n’existe plus dans le fonctionnement du gouvernement, estime-t-elle. «Il n'y a pas eu débat collégial au sein du gouvernement sur les arbitrages budgétaires, comme il n'y en a plus sur tant d'autres sujets», a-t-elle dit aussi.

Delphine Batho n’a pas voulu, indique-t-elle, soustraire son ex-ministère à l’effort budgétaire. Plus simplement, l'ex-locataire de l'hôtel de Roquelaure a voulu préserver quelques pans de transition écologique. Son objectif principal: éviter une diminution de plus de 17% du budget de l’Ademe, obtenir une part significative des investissements d’avenir et faire en sorte que la fiscalité verte soit redistribuée aux Français. «Sans quoi, ils ne l’accepteront pas.»

Sereine, Delphine Batho attribue son éviction à deux forces convergentes. D’une part aux «forces de résistance au changement». Et l’ancienne porte-parole du candidat Hollande de citer les patrons d’EDF, Henri Proglio, et surtout de Vallourec, Philippe Crouzet. Le premier pour n’avoir engagé aucune action visant à la fermeture rapide de la centrale nucléaire de Fessenheim. Le second pour avoir, publiquement annoncé, aux Etats-Unis, le licenciement d’une ministre, coupable à ses yeux d’entraver l’exploration pétrolière et surtout gazière (de schiste).

Premier détail : Philippe Crouzet non content d’être membre du conseil d’administration d’EDF préside aussi son comité de suivi des engagements nucléaires. Second détail, à la ville, il est aussi le mari de Sylvie Hubac, directrice de cabinet du président François Hollande. Mais les énergéticiens et leurs fournisseurs ne sont pas seuls coupables.

Delphine Batho estime aussi avoir été sanctionné pour avoir, la première, dénoncé «le tournant d’une rigueur qui ne dit pas son nom et qui prépare la marche de l’extrême droite vers le pouvoir». «Ce dont il est question, ce n'est pas d'un poste ministériel, c'est du droit de ma génération à avoir des espoirs et à agir. Le temps est venu de reprendre la main du changement, j'appelle la gauche à un sursaut en faveur de l'écologie de l'espoir et des générations futures», a-t-elle ajouté.

Revenant sur quelques dossiers environnementaux, Delphine Batho a laissé poindre un scepticisme certain quant à la fermeture, en 2016, de la centrale nucléaire de Fessenheim. Interrogée par le JDLE sur le débat national sur la transition écologique, l’ancienne leader de la Gauche Socialiste a regretté «le manque d’implication de l’Etat et du Premier ministre.»

Amère, mais pas abattue, Delphine Batho a «observé que Jérôme Cahuzac a été remercié et salué pour l'ensemble de son travail au service de la République, ce qui n'est pas le cas dans le communiqué de presse qui m'a congédiée.»

Tout en affirmant n'avoir aucun projet, l'ex-ministre prévoit néanmoins de consacrer une part de son temps de parlementaire à la fondation Nicolas Hulot. Le début de la fin de son engagement au sein du PS ?



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