Batho remplace Bricq

Le 22 juin 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Delphine Batho, ministre inattendue de l'écologie.
Delphine Batho, ministre inattendue de l'écologie.

 

Quel symbole que ce changement de ministres de l’écologie. Alors que le 5e Sommet de la terre s’achève sur un échec retentissant, la ministre française de l’écologie est remplacée, à la faveur d’un remaniement ministériel post-législatives. Si les raisons officielles de l’expulsion de l’hôtel de Roquelaure de Nicole Bricq par Delphine Batho (anciennement à la justice) ne sont pas connues, gageons que son cafouillage dans l’affaire des permis de recherche d’hydrocarbures n’y est pas étranger.

 

Petit retour en arrière. Le 29 janvier 2001, Christian Pierret, ministre de l’industrie de Lionel Jospin, attribue à Hardman Petroleum (filiale de Tullow Oil) un permis exclusif de recherche de brut, au large de la Guyane.

 

Baptisé Guyane marine, ce permis autorise Hardman Petroleum, rejoint en 2010 par Shell et Total, à prospecter sur une zone s’étendant sur 35.221 kilomètres carrés, par des profondeurs d’eau pouvant atteindre 3.000 mètres. La filiale de Tullow investit plusieurs dizaines de millions d’euros et réalise 4 campagnes de sismique, entre 2003 et 2010.

 

Entretemps, le permis a été renouvelé jusqu’en 2011. Au printemps 2011, un premier forage d’exploration est réalisé [JDLE]. Avec succès. Le 9 septembre [JDLE] Hardman, Total et Shell annoncent la découverte d’huile, par plus de 2.000 m sous la surface, sur le puits Zaedyus, à environ 150 km au nord-est de Cayenne. Hélas, au même moment, ledit permis arrive à expiration.

 

Les trois entreprises engagent les démarches pour le faire proroger jusqu’en 2016. Ce qui est finalement fait, le 22 décembre dernier. Devenu en février 2012 l’opérateur du consortium, Shell affrète, pour l’été 2012, le Stena Icemax, un bateau de forage ultramoderne.

 

Patatras, le 13 juin dernier, Nicole Bricq et Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif [et à ce titre en charge de l’exploitation des hydrocarbures] annoncent la «remise à plat de tous les permis» et la «suspension» du permis Guyane Maritime. Sur l’Atlantique, le Stena Icemax n’est plus qu’à quelques centaines de miles de son objectif.

 

Fous de rage, les élus guyanais (qui lorgnent sur les recettes potentielles, soit 6% des revenus pétroliers) assiègent le gouvernement. Le 20 juin, ils sont reçus par Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, lequel leur assure que les arrêtés préfectoraux autorisant les forages «sont signés». Contacté par le JDLE, l’hôtel de Roquelaure se refuse à tout commentaire, tout comme Shell et la DREAL de Guyane.

 

En milieu de journée, à l’issue du conseil des ministres, Nicole Bricq est sortie la première du palais de l’Elysée. Interrogée sur le fait de savoir si les forages pétroliers allaient reprendre en Guyane, la nouvelle ministre du commerce extérieur a conseillé aux journalistes de le demander à la nouvelle ministre, sa remplaçante Delphine Batho. Celle-ci ne s'est pas exprimée.

 



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