Bataille parlementaire autour de la baisse de la consommation

Le 08 octobre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les débats font rage à l'assemblée nationale.
Les débats font rage à l'assemblée nationale.
VLDT

Les députés ont adopté, dans les premières heures de ce mercredi 8 octobre, un nouvel objectif de baisse de 20% de la consommation d'énergie française en 2030, lors de l'examen du projet de loi de transition énergétique.

L'Assemblée débat depuis lundi de l'article 1er fixant de grands objectifs chiffrés, pour lequel une centaine d'amendements restent encore en discussion.

Un signal attendu

Alors que le texte initial ne donnait qu'un objectif de réduction de 50% de la consommation énergétique finale en 2050 par rapport à 2012, la ministre de l'écologie Ségolène Royal a proposé cet objectif intermédiaire, qui a été largement adopté. Les écologistes ont salué «un signal très attendu par les ONG, les acteurs de l'écologie».

L'UMP est au contraire opposée à tout objectif de réduction de la consommation, vu par ces députés comme un «non-sens politique, économique et sociétal». «Le seul objectif qui tienne est de réduire les émissions de gaz à effet de serre», selon leur porte-parole sur ce texte, Julien Aubert.

Surinvestissement nucléaire

Usant son temps de parole dans des débats passionnés, le principal groupe d'opposition a également tenté de supprimer ou de réduire les autres objectifs fixés dans l'article 1, notamment sur la baisse du recours aux énergies fossiles, l'augmentation de la part des énergies renouvelables et surtout la réduction de celle du nucléaire dans la production d'électricité.

Jugeant «impératif de construire un mix énergétique», la ministre en charge de l’énergie a argué qu'«aucun pays au monde» ne dépendait à 75% d'une même source d'énergie et qu'il y a eu «un surinvestissement dans la filière nucléaire».

Les députés Europe écologie-les Verts avaient essayé d'obtenir un objectif plus ambitieux de réduction des émissions de GES à l'horizon 2030, de 55% au lieu de 40%. Ce dernier pourcentage a été «co-construit avec les forces vives» du pays, dans le cadre du conseil national de transition écologique, leur a opposé Ségolène Royal, qui a défendu sa «crédibilité».

Frein potentiel

Dans un communiqué, l’Union française de l’électricité (UFE) fustige le nouvel objectif intermédiaire. Le lobby électrique estime que cette «proposition représente un frein potentiel face aux besoins énergétiques générés par la reprise de la croissance économique que le pays doit encourager». L’UFE considère aussi que l’objectif ministériel «préempte, sans concertation préalable avec l’ensemble des acteurs concernés, le rythme de la transition énergétique et celui des besoins des consommations à moyen terme».

Les écologistes ne sont pas à l’unisson. Dans un autre communiqué, le réseau Action Climat se félicite de l’adoption de l’objectif intermédiaire. «C'était une étape nécessaire pour que la France se donne une chance d'atteindre l'objectif, fixé par François Hollande et réaffirmé dans le projet de loi, de diviser par deux notre consommation d'énergie d'ici 2050», explique Anne Bringault, coordinatrice des ONG sur la transition énergétique.



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