Bataille de lobbyistes autour des quotas

Le 28 juin 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les industriels ne sont pas d'accord entre eux sur le prix du CO2.
Les industriels ne sont pas d'accord entre eux sur le prix du CO2.

Alors que le prix du quota d’émission de gaz à effet de serre est au plus bas (7,86 euros sur Bluenext), Bruxelles est le théâtre d’une intense guerre des lobbyistes. A gauche, les représentants des industriels qui voudraient que la Commission révisent une disposition particulière du système européen d’échange de quotas (ETS): le borrowing.

L’an prochain, l’ETS entrera dans sa troisième période d’engagement qui sera essentiellement marquée par deux changements importants. D’une part, les quotas seront mis aux enchères par les Etats et non plus alloués gratuitement. D’autre part, les entreprises ne pourront plus emprunter des quotas d’un exercice sur l’autre (pratique du borrowing).

Or cette pratique permet à certaines entreprises (des sidérurgistes, par exemple) de financer les salaires de leur personnel, parfois mis au chômage technique. Plus de borrowing, c’est donc des salaires qu’il faudra payer! Un scandale de leur point de vue.

A droite, les exploitants de sites gros consommateurs d’énergie. Ces derniers militent pour que tous les quotas prévus par les plans d’allocation soient effectivement mis aux enchères. En sachant pertinemment que la crise a réduit l’activité et donc les émissions. Conséquence: il y aura beaucoup plus de quotas que de GES émis, ce qui maintiendra le niveau du prix du carbone aux alentours de rien du tout. Les observateurs de l’ETS estime qu’à l’horizon 2020, l’ETS comptera un bon milliard de quotas en trop.

Au dessus de cette mêlée, les énergéticiens sont en total désaccord avec la position de leurs plus gros clients. Comme l’indique Euractiv, 13 poids lourds du secteur militent ardemment contre ce laisser-aller. Mieux, ils soutiennent la proposition de la Commission, laquelle souhaite mettre de côté 1,4 milliard de quotas, pour raffermir les prix européens du carbone.

Très impliquées dans la mise au point de techniques de «décarbonisation» (captage-stockage de CO2, chaudières à haut rendement, énergies renouvelables), ces entreprises n’ont aucune chance de vendre leurs technologies «low carbon» tant que le prix du quota restera faible, c’est-à-dire inférieur à une trentaine d’euros.

La Commission doit présenter, dans les toutes prochaines semaines, le calendrier des mises aux enchères ainsi que les mesures destinées à soutenir le cours du quota.



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