Bataille de communiqués autour du bisphénol A

Le 15 avril 2011 par Geneviève De Lacour
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La bataille se joue à coups de communiqués entre politiques et chercheurs. Le député (Nouveau centre, NC) Yvan Lachaud avait été le premier à tirer. Il demandait dès maintenant, « au nom du principe de précaution » et «sans attendre les résultats des études à venir», une réduction de l'exposition au bisphénol A (BPA), phtalates, parabènes et autres perturbateurs endocriniens.

Hier, jeudi 14 avril, c’était au ministre de la santé, Xavier Bertrand, d’annoncer préférer attendre le résultat d'expertises en cours avant d'interdire de ces substances, jugeant « prématurée » une proposition de loi du Nouveau centre.

« Les principaux résultats de ces expertises devraient être disponibles entre fin 2011 pour le bisphénol A, et fin 2012 pour les autres perturbateurs endocriniens présents dans les produits grand public », a déclaré Xavier Bertrand à la tribune de l'Assemblée. « Si on pouvait aller plus vite, j'en serais le premier heureux », a-t-il ajouté, en réponse à la proposition de loi défendue par Yvan Lachaud.

L'article unique du texte d’Yvan Lachaud propose donc d'interdire « la fabrication, l'importation, la vente ou l'offre de produits contenant des phtalates, des parabènes ou des alkyphénols ». Il sera mis aux voix -et sans doute rejeté- le 3 mai. Des études « ont démontré que les phtalates », présents dans les plastiques, « ont des effets délétères pour la santé », selon le député. Conservateurs chimiques présents dans les cosmétiques, « les parabènes sont suspectés de provoquer chez les femmes des cancers du sein et d'être néfastes à la fertilité masculine », ajoute-t-il. « Certes, pour ces trois types de composants, les industriels affirment leur totale innocuité aux doses présentes dans les produits. Mais ce n'est pas la dose de parabène ou de phtalate dans une crème hydratante qui est en cause, c'est en réalité son accumulation dans l'organisme », fait valoir Yvan Lachaud.

 

Rémy Slama, spécialiste en épidémie environnementale appliquée à la reproduction, a décidé aujourd’hui de contre-attaquer. Le chercheur à  l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a passé au crible 5 substances chimiques très présentes dans la vie quotidienne, soupçonnées d'être des perturbateurs endocriniens: BPA, phtalates, retardateurs de flamme, composés perfluorés et parabènes.« C'est un vrai sujet de préoccupation », a-t-il souligné auprès de l'AFP. L'expertise collective de l'Inserm, se fonde sur l'analyse de quelque 1.200 articles scientifiques sur le sujet.
 
Une des substances pour laquelle le plus de données sont disponibles  est le BPA, interdit depuis peu pour la fabrication des biberons. Des députés ont proposé cette semaine de l’interdire dans tous les produits. « On ne peut pas considérer que le bisphénol A, aux doses auxquelles la population générale est exposée, soit sans danger pour le versant masculin de la fonction de reproduction », souligne la synthèse faite par l'Inserm.
 
Elle note cependant que « les études épidémiologiques disponibles ne sont pas suffisantes à ce jour pour permettre de confirmer ou d'infirmer chez l'homme les effets à long terme observés chez l'animal ».
 
Mais « on ne peut pas faire comme s'il n'y avait pas de danger », affirme Rémy Slama.


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