Barrage du Gabas: un ouvrage contesté

Le 30 juillet 2007 par Agnès Ginestet
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Justice
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Malgré tous ses efforts, l’association Gabas nature n’a pu empêcher la construction d’un barrage qui a été inauguré le 27 juillet. Une décision de justice en sa faveur datant du mois de mars lui donne toutefois de l’espoir si de nouveaux projets de barrage étaient amenés à se concrétiser.

245 hectares de milieux naturels inondés pour stocker 20 millions de mètres cubes d'eau. La construction du barrage du Gabas, situé à cheval sur les départements des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques, a été vivement critiquée par des associations de défense de l'environnement. «Cette retenue est d'abord faite pour étendre de 3.000 hectares les surfaces irriguées sur le bassin de l'Adour, déjà passablement envahi par le maïs. Et ensuite pour remettre de l'eau dans l'Adour, asséché par ces mêmes cultures irriguées et le développement asphyxiant de la monoculture du maïs dans le Sud-Ouest. Le mono-usage, en l'occurrence l'irrigation, ne doit plus confisquer les rivières!», a déclaré Martin Arnould, chargé du programme «Rivières vivantes» au WWF.

En 1999, l'association Gabas nature a été créée pour s'opposer au projet. «Nous avons contesté trois points: la déclaration d'utilité publique, le projet au titre de la loi sur l'eau de 1992, et l'attribution de la maîtrise d'ouvrage qui s'est faite ‘de gré à gré'», explique Jacques Mauhourat, membre de l'association. Les deux premiers recours ont été rejetés par la justice, mais Gabas nature a obtenu gain de cause pour le troisième au mois de mars, devant la cour administrative d'appel de Bordeaux.

Elle reprochait à l'Institution Adour, établissement public territorial de bassin qui s'occupe entre autres de la gestion et de l'augmentation de la ressource en eau, d'avoir approuvé un avenant à la convention de concession d'aménagement conclue en décembre 1995 avec la Compagnie d'aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG) et la Compagnie d'aménagement rural d'Aquitaine. En dépit de la décision de justice favorable à Gabas nature, Max Roussel, directeur technique de l'Institution Adour indique: «Le projet date des années 1990, alors que les nouveaux textes obligeant à un appel d'offre n'existaient pas. Maintenant, on appliquera forcément la procédure de mise en concurrence». Jacques Mauhourat estime lui que «le barrage est illégal», tout en précisant que la décision de la cour administrative ne pouvait donner lieu à un arrêt du projet. Pour Gabas nature, le combat contre ce barrage est certes perdu, mais elle compte utiliser la décision contre les futurs barrages.

Alors que l'Institution Adour souligne le fait que le lac artificiel attire de nombreux oiseaux, Gabas nature dénonce l'impact environnemental du barrage, en particulier les «vidanges» qui affectent les écrevisses à pattes blanches. «Le directeur de l'eau du ministère chargé de l'environnement, même s'il a été retenu à Paris, devait venir inaugurer le barrage. On est donc dans une logique de stockage de l'eau. Mais pourquoi a-t-on besoin de tant de retenues?», s'interroge Jacques Mauhourat.

«On construira des barrages tant que les besoins ne seront pas satisfaits», affirme quant à lui Max Roussel. «Les agriculteurs utilisent l'eau dont ils ont besoin, et cela leur coûte cher. Il y a des quotas d'utilisation et des pénalités financières très dissuasives (11 centimes par mètre cube d'eau contre 2,5 centimes habituellement) s'ils ne sont pas respectés».




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