Barrage des Plats: manifestations contre la reconstruction

Le 13 mai 2013 par Marine Jobert
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Le barrage des Plats, perçé à sa base, est en cours de reconstruction.
Le barrage des Plats, perçé à sa base, est en cours de reconstruction.
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Devant la préfecture de Saint-Etienne et dans les rues du Puy-en-Velay, les membres du Collectif Loire Amont vivante distribueront demain 14 mai de faux billets de banque «pour dénoncer l’utilisation de l’argent public pour quelque chose qui ne sert à rien.» Ce «quelque chose» mesure 18 mètres de hauteur et peut contenir près de 1,5 million de mètres cubes d’eau: il s’agit du barrage des Plats, percé à sa base et dont la reconstruction est en cours depuis un mois. Le propriétaire du barrage et la préfecture soutiennent les travaux; le WWF France, la Frapna Loire, la fédération de pêche de Haute-Loire, le club de pêche sportive Forez Velay ou encore le Conseil départemental des associations familiales laïques de la Loire, ainsi qu’une quinzaine d’autres associations locales, s’y opposent et organisent cette «opération Rapetous» pour dénoncer une reconstruction «aberrante».

 

Situé entre Saint-Genest-Malifaux et Jonzieux (Loire), le barrage des Plats a accueilli entre 1958 et 2005 les eaux de la Semène, une rivière qui se jette dans la Loire au sud de Saint-Etienne. L’ouvrage, initialement conçu pour alimenter la ville de Firminy et trois communes attenantes –la ville en est d’ailleurs propriétaire- alimentera surtout 9 communes voisines, à cheval sur les départements de la Loire et de la Haute-Loire, regroupées dans le syndicat des eaux de la Semène qui achète de l'eau brute à Firminy. En 2005, le préfet ordonne la vidange du barrage pour des raisons de sécurité (une fente longitudinale y est décelée), ce qui occasionne au passage une forte mortalité piscicole. En 2006, le préfet ayant considéré que la remise en eau ferait courir trop de risques aux populations aval, la base de l’édifice est alors percée (voir photo): la Semène dévale alors librement. Et les 9 communes jusqu’ici connectées au barrage des Plats -et qui consomment 1M m3 d’eau par an- sont alimentées par une canalisation reliée à l’aqueduc qui relie le barrage de la Valette à Saint-Etienne. «Et personne n’a manqué d’eau depuis 2005», note Antoine Lardon, président de la fédération de pêche de Haute-Loire.

 

C’est pourtant précisément autour de l’alimentation de ces 9 communes que s’est engagé un bras de fer entre le nouveau propriétaire de l’édifice –le syndicat des barrages- et des associations de protection de la nature. Le premier plaide pour la sécurisation de la ressource en eau de la vallée de l’Ondaine (Firminy et alentours), dans un contexte tendu par le changement climatique. Les seconds considèrent que la reconstruction du barrage altèrerait le bon état écologique de la rivière et qu’il existe une alternative bien moins coûteuse. «Nous ne sommes pas des assoiffeurs, tient à préciser le président de la fédération de pêche de Haute-Loire, Antoine Lardon. Je veux que tout le monde dispose d’une eau potable, en quantité et sécurisée», explique-t-il au Journal de l’environnement. Le «contre projet» des associations consisterait à réaliser une conduite de 17 kilomètres depuis une usine de potabilisation (à Monistrol-sur-Loire, aux capacités sous-utilisées) vers une autre usine (celle de Saint-Just-Malmont), et à mettre en place un pompage de secours dans la Loire. «Ces mesures permettraient de passer à une gestion qualitative de la ressource en eau, de mutualiser la ressource, les services, et in fine, les coûts», écrit ce riverain de la Semène. Un projet qui coûterait 3,4 millions d’euros selon les associations, qu’elles comparent aux 6,5 M€ nécessaires pour reconstruire le barrage, auxquels s’ajoutent les 4 M€ pour moderniser l’usine de potabilisation du syndicat des barrages.

 

Sur le plan juridique, la situation semble bien engagée pour le syndicat des barrages et les services déconcentrés de l’Etat. L’arrêté de la préfecture de la Loire, qui autorise les travaux de reconstruction, a été déféré par la FRAPNA et la fédération de pêche de la Loire dans le cadre d’un référé suspension, en juillet 2012. Sans succès. «Nous attendons la réponse au fond», explique Tristan Richard, juriste à la Frapna Loire, qui craint que la décision du tribunal administratif de Lyon ne soit pas rendue avant l’automne. «Les travaux risquent d’être bien avancés et les dommages à l’environnement irréversibles», craint-il. De son côté, Antoine Lardon ne baisse pas les bras mais le reconnaît: «Nous avons été trop techniques dans nos explications et nous avons échoué à convaincre les riverains de l’ancien barrage, qui l’avaient toujours vu en eau et qui en espéraient des retombées touristiques».



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