Barrage de Sivens: une mission d’expertise, sans moratoire

Le 09 septembre 2014 par Stéphanie Senet
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Le déboisement a démarré dans la zone humide du Testet
Le déboisement a démarré dans la zone humide du Testet

Alors que les opposants au projet de barrage de Sivens (Tarn) tentent toujours de bloquer les opérations de déboisement face aux forces de l’ordre, la ministre de l’écologie a annoncé la création d’une mission d’expertise, sans prononcer pour autant de moratoire.

La tension sur le terrain, importante depuis le démarrage des travaux le 1er septembre, est encore montée d’un cran avec son lot de blessés et d’interpellations. Alors que les 200 CRS et gendarmes veulent quadriller la zone, des opposants se sont enterrés sur la route pour bloquer le passage des machines de déboisement. Par ailleurs, 7 personnes poursuivent leur grève de la faim pour demander l’abandon du projet et au moins un moratoire des travaux, laissant le temps à la justice d’examiner les recours déposés, comme ce fut le cas à Notre-Dame-des-Landes.

 

Ce moratoire n’a pas pour autant été prononcé par la ministre de l’écologie. Ségolène Royal a seulement demandé, le 7 septembre, au conseil général du Tarn, l’exploitant de ce projet détruisant la zone humide du Testet, «de vérifier que les conditions demandées par le ministère sur les retenues de substitution étaient remplies». Son président, Thierry Carcenac, lui a répondu le 8 septembre que «le projet répondait pleinement aux objectifs». Ségolène Royal a toutefois nommé une mission d’expertise conduite par Philippe Quevremont, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, et Nicolas Forray, inspecteur général de l’environnement, pour évaluer «la qualité du projet et les mesures compensatoires pour la biodiversité». Le tout en quelques jours.

 

Les mesures de compensation sont justement contestées par le collectif de sauvegarde de la zone humide du Testet et le collectif Tant qu’il y aura des bouilles. Le lac artificiel prévu pour l’irrigation, qui doit s’étendre sur 38 hectares, dont 12,7 de zones humides et 5,4 de terres fertiles, bénéficiera surtout à des agriculteurs, cultivant du maïs et du tournesol (20 selon les opposants, 80 selon les chambres d’agriculture). Son coût est évalué à 8,4 millions d'euros HT par la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG), à l’origine du projet. Il doit être financé à hauteur de 50% par l’Agence de l’eau Adour Garonne, 30% par l’Union européenne (l’accord n’est pas acté), 10% par le conseil général du Tarn et 10% par celui du Tarn-et-Garonne.

 

Le combat se poursuit aussi sur le terrain judiciaire. L’audience du recours suspensif déposé par France Nature Environnement Midi-Pyrénées est prévue au tribunal administratif de Toulouse le 15 septembre.



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