Barrage de Sivens: la colère atteint la côte d’alerte

Le 02 septembre 2014 par Stéphanie Senet
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Les opposants dénoncent la destruction d'une zone humide au nom de l'intérêt de quelques-uns
Les opposants dénoncent la destruction d'une zone humide au nom de l'intérêt de quelques-uns

La tension est montée d’un cran, le 1er septembre, dans la zone humide du Testet (Tarn) où le conseil général entend construire un barrage au grand dam des associations de protection de l’environnement. Les travaux de déboisement ont démarré en présence de 200 opposants, affrontant pas moins de 200 CRS et gendarmes.

«Les tronçonneuses ont été lancées dans la forêt de Sivens. Elles ont déjà déboisé un demi-hectare et elles se rapprochent à vue d’œil de la zone humide, où elles vont détruire une niche écologique de très grande importance, avec des espèces datant de plus de 1.000 ans», s’alarme Christian Conrad, naturaliste au sein de l’association Apifera, et membre du collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet créé dès 2011 pour s’opposer au projet de barrage. «Planter des frênes et des saules à la place des peupliers ne permettra pas de sauver les nombreux batraciens (tritons et salamandres) qui habitent cette zone humide de plus de 10 ha», poursuit-il en référence à l’une des 9 mesures de compensation prévues par le conseil général, jugées insuffisantes par le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) et le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel.

La demande du collectif est simple. Il souhaite l’abandon du projet et, au minimum, un arrêt des travaux le temps que les recours en justice soient épuisés, ainsi qu’un débat public, comme ce fut décidé à Notre-Dame-des-Landes par le ministère de l’écologie. «Nous avons formulé une demande auprès du ministère de l’écologie mais nous sommes toujours sans réponse», déplore Christian Conrad.

 

Un projet utile à une poignée d’agriculteurs

Ce projet de barrage qui ne devrait bénéficier qu’à une vingtaine d’agriculteurs, cultivant surtout du maïs ou du tournesol, aboutirait à la destruction de 38 ha. Dans le lot, 12,7 ha de zones humides et 5,4 ha de terres fertiles, déplore le collectif de sauvegarde.

«Des recours ont été déposés contre l’arrêté autorisant les travaux (3 octobre 2013), celui approuvant la déclaration d’utilité publique (2 octobre 2013), et surtout contre l’arrêté de dérogation à l’interdiction de destruction des espèces protégées (16 octobre 2013)», précise France Nature Environnement Midi-Pyrénées. «Un recours suspensif a par ailleurs été déposé la semaine dernière auprès du tribunal administratif de Toulouse pour contester à nouveau la dérogation à l’interdiction de destruction des espèces protégées, de façon à obtenir un jugement dans 15 jours plutôt que dans 2 ou 3 ans», complète Christian Pince, l’un des 4 grévistes de la faim, membre du collectif.

Le coût du barrage est évalué à 8,4 millions d'euros HT par la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG), à l’origine du projet. Il doit être financé à hauteur de 50% par l’Agence de l’eau Adour Garonne, 30% par l’Union européenne (l’accord n’est pas acté), 10% par le conseil général du Tarn et 10% par celui du Tarn-et-Garonne.

Les opposants bénéficient, eux, du soutien d’élus locaux dont les conseillers généraux du Tarn Roland Foissac et Serge Entraygues (PCF), Jacques Pagès (DVG) ainsi que les élus Europe Ecologie-les Verts du conseil régional Midi-Pyrénées. Comme le rappelle par ailleurs Christian Pince, le conseil d’administration de la CACG est, lui, majoritairement composé d’élus socialistes et radicaux de gauche.



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