Barclays désinvestit (un tout petit peu) des énergies fossiles

Le 15 janvier 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Pas de forage en Arctique? Enfin, c'est presque ça.
Pas de forage en Arctique? Enfin, c'est presque ça.

 

La banque britannique s’interdit presque de financer l’exploitation des hydrocarbures dans l’Arctique.

Il ne sera pas dit que la finance se désintéresse des questions climatiques. Pour preuve, Barclays a publié, lundi 14 janvier, ses nouvelles règles en matière de financement des énergies fossiles.

La grande banque britannique reconnaît qu’il faut agir rapidement pour lutter contre le changement climatique et souscrit à l’évaluation selon laquelle il faut consacrer entre 320 et 480 milliards de dollars (280 et 319 Md€) supplémentaires par an à la transition énergétique

Et donc? Et bien la banque s’engage à faire passer toutes les demandes de financement de projets concernant les énergies fossiles sous les fourches caudines de sa «vigilance renforcée» (Enhanced Due Diligence, EDD).

vraie-fausse promesse?

Sans rien dévoiler de ses nouveaux critères de sélection, Barclays estime que les projets pétroliers et gaziers en Arctique ne répondront pas aux critères de son EDD. Ce n’est pas vraiment une promesse de ne plus les financer, mais cela y ressemble tout de même un peu. Avec un bémol, toutefois. Cet engagement ne concerne que les futurs clients de la banque.

Rien de tout cela, en revanche, pour les exploitants de mines de charbon et de sables bitumineux. Aucune restriction non plus au financement de projets de centrales au charbon.

«Ce qu’elle a fait avec l’apartheid, elle le fait avec le changement climatique: Barclays est du mauvais côté de l’histoire. En continuant de financer les oléoducs des mines de sables bitumineux, elle fait le choix du profit à court terme, au détriment des droits humains», a réagi la branche britannique de Greenpeace.

pied de nez

Avec ses nouvelles règles d’investissement, la banque britannique fait aussi un pied de nez au gouverneur de la Banque d’Angleterre qui, à de nombreuses reprises, a enjoint aux investisseurs de réduire leur exposition aux projets fossiles, futurs actifs échoués, selon Marc Carney, gouverneur de la banque.

Barclays se démarque aussi de certains de ses grands concurrents. BNP Paribas et HSBC ont pris, ces dernières années, l’engagement de ne plus financer les centrales au charbon, l’extraction d’huile des sables canadiens ni les projets pétroliers arctiques.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus