Barack Obama prépare-t-il l’enterrement du pipeline Keystone?

Le 29 juillet 2013 par Marine Jobert
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Barack Obama, fossoyeur de Keystone?
Barack Obama, fossoyeur de Keystone?
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Alors que la décision finale sur la construction Keystone XL devrait être rendue à l’automne, le président Obama distille ses vues sur ce pipeline de 1.000 kilomètres, appelé à traverser trois pays. Et la petite musique qu’il joue dans la presse ne va pas plaire à l’industrie pétrolière. Interrogé par le New York Times, il torpille d’abord les projections des élus républicains, qui disent que «cela pourrait être un grand pourvoyeur d’emplois», rappelle le président américain. «Il n’y a aucune preuve que ce soit vrai. Et j’espère qu’un journaliste qui se plongera dans les faits prendra le temps de confirmer que les estimations les plus réalistes tablent au mieux sur la création de 2.000 emplois le temps de la construction du pipeline –ce qui devrait durer un an ou deux- et qu’ensuite, cela représentera entre 50 et 100 emplois, dans une économie qui compte 150 millions de travailleurs. Une paille, comparée aux besoins.»

 

Des chiffres, comme le rappelle le site Grist, inspirés par la pré-étude d’impact environnemental de la construction et de l’exploitation du pipeline publiée par le département d’Etat en mars dernier. La phase de construction créerait 42.100 emplois (dont 3.900 en lien direct avec les travaux eux-mêmes) pendant un ou deux ans; à terme 35 emplois permanents seulement seraient créés pour veiller à la surveillance, à la maintenance et aux réparations sur le pipeline.

 

Deuxième charge contre Keystone XL: les soi-disant retombées positives pour l’économie américaine. «Ce pétrole va être envoyé vers le golfe de Mexico pour être vendu sur les marchés pétroliers mondiaux, ce qui ne va pas engendrer de baisses des prix du gaz ici aux Etats-Unis. En fait, cela va peut-être le renchérir dans le Midwest, où ils n’auront pas la possibilité d’exporter ce pétrole vers les marchés mondiaux.» Une thèse développée par plusieurs ONG américaines et canadiennes.

 

Troisième point: retoquer Keystone XL pour cause d’incompatibilité climatique reste un exercice de haute voltige, que le président Obama élude en partie. Lors de son discours sur le climat, fin juin, il avait déclaré que «notre intérêt national sera préservé seulement si cet oléoduc ne contribue pas significativement au problème climatique»[1]. Au New York Times, il répond qu’il y aurait «un bénéfice potentiel pour les Américains à s’engager plus avant avec un allié solide pour assurer nos approvisionnements venant du Nord. Mais je reste ferme sur ce que j’ai dit: je vais fonder mon évaluation sur le fait que ce projet contribue ou non significativement au problème climatique. Et il est certain que le Canada pourrait à la source, avec ces sables bitumineux, faire plus pour réduire les émissions de CO2». Et le journal américain de demander si, dans l’hypothèse où le Canada améliorait le bilan carbone de ces hydrocarbures les plus émetteurs de CO2 au monde[2], la situation évoluerait en faveur du pipeline… Barack Obama botte alors en touche et renvoie aux décisions ou aux recommandations qu’annoncera in fine le secrétaire d’Etat John Kerry.

 

 


[1] Avec une capacité annoncée de transport de 800.000 barils de pétrole par jour, le super «pipe» contribuera à l’émission d’environ 125 millions de tonnes de CO2 par an. Soit 2% des émissions nationales.

 

[2] Les émissions liées à l'extraction de pétrole brut sont ainsi estimées à 87,5 grammes d'équivalent CO2 par mégajoule, l'huile de sable bitumineux à 107 g equCO2 par mégajoule, l'huile de schiste à 131,3 g, le charbon transformé en fuel liquide à 172 g, le gaz naturel converti en fuel liquide à 97 g et les déchets de plastique à 86 g.

 

 



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