Banque mondiale: faut-il soutenir les énergies fossiles?

Le 21 février 2011 par Célia Fontaine
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  Le Parlement européen a voté le 17 février une nouvelle résolution sur la stratégie énergétique de la Banque mondiale pour les pays en voie de développement. Le texte demande à l’institution de mettre fin à ses soutiens aux énergies fossiles, et l'encourage à adopter une politique énergétique progressiste et ambitieuse, tournée vers le financement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

En 2008, 1,5 milliard de personnes n'avaient pas accès à l'électricité, les 4/5e d'entre elles vivant en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, le plus souvent dans des zones rurales. Près de 2,4 milliards de personnes utilisent encore des agrocarburants traditionnels pour cuisiner et se chauffer, «causant de graves problèmes de santé et le décès de 1,9 million de personnes par an du fait de la pollution à l'intérieur des bâtiments, et provoquant des nuisances écologiques liées à une utilisation non durable des ressources naturelles», selon un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2008 cité par la résolution du Parlement européen.

En janvier 2010, la Banque mondiale a lancé une révision de sa stratégie Energie pour les 10 années à venir. Mais dans ce cadre, «la Banque a investi 6,6 milliards de dollars (4,82 milliards d’euros) dans les énergies fossiles, soit 126% de plus que l'année précédente. 4,4 milliards $ (3,21 milliards €) sont allés dans de méga centrales à charbon, dont celle de Medupi en Afrique du Sud, projet auquel la population locale était massivement opposée en raison de ses impacts environnementaux et sociaux désastreux», explique Anne-Sophie Simpere, des Amis de la terre, dans un communiqué du 18 février. Allant dans le même sens, un rapport de l'ONG Oil Change International publié en octobre 2010 a démontré qu'aucun des projets d'énergie fossile financés par la Banque mondiale n'avait permis d'améliorer l'accès à l'énergie des plus pauvres.

C’est pourquoi l’association, comme les députés européens, rappelle les engagements des dirigeants du G20 de mettre fin aux subventions publiques aux fossiles, et encourage la Banque mondiale à supprimer ses prêts aux énergies fossiles d'ici 2015, pour rediriger ses financements vers les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique.

La résolution qui vient d’être votée vise notamment à favoriser les modèles énergétiques décentralisés, répondant aux besoins des communautés locales. Elle appelle la Banque mondiale à protéger les droits des communautés locales et à fixer des objectifs de développement clairs dans tous les projets financés.

Enfin, le Parlement européen et les Amis de la terre alertent la Banque mondiale sur les risques des projets nucléaires, de grands barrages et d'agrocarburants, s'inquiétant du fait que l’institution les considère comme des énergies propres.



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