Bali: les négociations prolongées

Le 14 décembre 2007 par Victor Roux-Goeken
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Aboutira, aboutira pas? Aucun accord n'a encore été trouvé à Bali. C’était pourtant le but de cette conférence, censée préparer l’après-Kyoto. En cause: les Etats-Unis, qui bien qu’isolés, bloquent les négociations de tout leur poids d’unique pays industrialisé qui n’a pas ratifié le protocole de 1997.

La conférence sur le changement climatique de Bali serait sur le point d'aboutir, selon Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC). Mais rien n'indique qu'un consensus ait été trouvé sur la question des objectifs chiffrés de réduction des gaz à effet de serre (GES). A l'heure où nous mettons en ligne, aucun accord n'a été trouvé sur la déclaration finale, et les différentes délégations se préparaient à un marathon nocturne, voire de fin de semaine, pour parvenir à un accord.

La faute aux Etats-Unis, et accessoirement au Japon et Canada, qui refusent le moindre objectif chiffré de réduction des gaz à effet de serre dans la déclaration finale. D'après le rapport de synthèse du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), rendu public le mois dernier, il est pourtant impératif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40% d'ici 2020 pour tâcher de limiter la casse climatique.

La conférence était censée se terminer vendredi 14 décembre, mais devrait être prolongée ce week-end. Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'ONU, a annoncé qu'il reviendrait samedi matin rencontrer les différentes délégations. La journée de jeudi a été riche en rebondissements, qui n'ont pas changé la donne en faveur des pro ou anti-objectifs.

Le ministre français chargé de l'environnement, Jean-Louis Borloo, a frisé l'incident diplomatique. Visant quasi explicitement les Etats-Unis, il a déclaré que «refuser de s'engager sur des chiffres et des dates signifierait ne pas avoir confiance dans son propre modèle, ses propres technologies pour proposer un progrès sobre en carbone.»

De son côté, la Chine a rallié l'Union européenne et veut des objectifs chiffrés, ce qui était inimaginable avant le début de la conférence. Le G77 aussi, coalition de pays en développement créée en 1964 et qui en regroupe actuellement 130. Ces pays, développement et croissance économiques obligent, étaient initialement contre la mention d'objectifs chiffrés. Ce ralliement du G77 aurait été forcé, selon son représentant pakistanais Munir Akram. Les pays en développement auraient été menacés de sanctions commerciales. Il n'a toutefois pas précisé qui avait brandi cette menace.

«Pas de Bali, pas de réunion des grandes économies», a déclaré, tout se défendant de faire du chantage, Humberto Rosa, secrétaire d'Etat portugais à l'environnement  et négociateur en chef de l'UE à Bali. Les Etats-Unis organiseront en effet fin janvier une réunion à Hawaï des 17 principaux émetteurs de gaz à effet de serre, dont la Chine, la Russie et l'Inde, afin d'évoquer la baisse des émissions de GES à long terme. «Si nous échouons à Bali, il sera inutile de participer à cette réunion», a continué le principal négociateur européen.

Le dossier du transfert des technologies, auquel s'opposaient les Etats-Unis, a été validé. Il ne change pas grand-chose au système existant de taxation de 2% des allocations de quotas de CO2. afin de financer les mécanismes de développement propre, dont les pays en voie de développement ont besoin pour réduire leurs émissions de GES.

Enfin, un accord visant à limiter la déforestation a été conclu. Il permettra à terme aux pays émergents disposant de vastes ressources forestières d'être rémunérés pour leurs efforts en vendant des crédits carbone. Ironie de l'accord: les experts craignent que cette mesure ne fassent s'effondrer les cours du carbone, déjà très bas, si les pays développés n'adoptent pas des mesures draconiennes de réduction de leur GES.




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