Baleines: le Japon ne se cache plus pour chasser

Le 02 janvier 2019 par Stéphanie Senet
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Les baleiniers sortent de la CBI pour mieux chasser
Les baleiniers sortent de la CBI pour mieux chasser

 

Le gouvernement japonais a annoncé, le 26 décembre, reprendre la chasse commerciale des baleines dès le mois de juillet.

 

C’est un coup dur pour le moratoire mis en place en 1986 par la Commission baleinière internationale (CBI). Si le Japon a toujours contourné l’interdiction officielle de chasse la baleine, au nom de la recherche scientifique, il ne cache plus ses intentions. Il se retire officiellement de la CBI pour pouvoir pêcher le cétacé à sa guise, comme l’Islande et la Norvège. Il s’abstiendra seulement de chasser dans les eaux de l’Antarctique et de l’hémisphère Sud pour se concentrer sur ses eaux territoriales, selon le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga.

 

Blocage à la CBI

Ce représentant a justifié la décision de Tokyo par «l’absence de concessions de la part des pays uniquement attachés à la protection des baleines», alors que «des éléments scientifiques confirment l’abondance de certaines espèces».

La sortie du Japon fait suite au différend qui s’est manifesté en septembre dernier lors d’une réunion de la CBI. Tokyo a voulu faire coexister la chasse commerciale et la préservation des baleines au sein de la Commission, qui regroupe 89 Etats membres, pour mettre fin au moratoire de 1986. Mais sa proposition a été torpillée par 41 voix contre 27, dont l’Australie, l’Union européenne et les Etats-Unis. Notifié à la CBI, son retrait ne pourra être effectif qu’à partir du 30 juin, ouvrant la voie à la chasse commerciale à partir de juillet.

 

«Une pratique dépassée et inutile»

Le gouvernement australien s’est dit «extrêmement déçu» et a demandé à Tokyo de revoir sa décision. Même consternation en Nouvelle-Zélande, où le ministre des affaires étrangères a fustigé «une pratique dépassée et inutile».

 

Loin des projecteurs

Les organisations écologistes ont, elles aussi, vilipendé la nouvelle. «Il est clair que le gouvernement tente de faire passer cette annonce en douce à la fin de l’année, loin des projecteurs des médias internationaux, mais le monde n’est pas dupe», a déclaré Sam Annesley, de Greenpeace Japon. L’association américaine Humane Society International (HSI) a quant à elle déploré que l’archipel devienne «une nation pirate des baleines».

 

Une bonne nouvelle pour l’Antarctique

L’ONG Sea Shepherd, habituée à combattre les baleiniers japonais, y voit toutefois une bonne nouvelle. «Le Japon ne chassera plus dans le sanctuaire existant dans l’océan austral sous couvert de recherche scientifique et son retrait de la CBI pourrait permettre à la Commission de voter en faveur d’un nouveau sanctuaire dans l’Atlantique Sud», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Lors de la dernière saison, les pêcheurs japonais ont tué environ 600 baleines, en Antarctique et dans le Pacifique, au titre de la recherche scientifique. Ces cétacés ont fini sur les étals des poissonniers, mais les Japonais affirment n’en manger que «très rarement».



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