Baisse de régime des politiques environnementales européennes

Le 29 novembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les oiseaux, pas plus que les biotopes marins ou les citoyens ne sont bien traités en Europe.
Les oiseaux, pas plus que les biotopes marins ou les citoyens ne sont bien traités en Europe.

Près de la moitié des objectifs des politiques environnementales européennes ne seront pas tenus en 2020, estime un rapport de l’Agence européenne de l’environnement.

 

La Commission en est convaincue. Sa politique en matière de protection de l’environnement et du climat a valeur d’exemple mondial. Ce n’est pas l’avis de l’Agence… européenne de l’environnement (AEE). L’institution basée à Copenhague vient d’auditer les politiques vertes de l’UE. Et les résultats du rapport 2018 ne sont pas des plus réjouissants.

En se basant sur les statistiques officielles (alimentées par les Etats membres), l’AEE a bâti 29 indicateurs évaluant les efforts réalisés dans les trois grandes thématiques de l’action communautaire: préservation du patrimoine naturel, passage à une économie bas carbone et protection des citoyens vis-à-vis des risques sanitaires liés à l’environnement.

45% des objectifs ne seront pas atteints en 2020

Sur ces 29 indicateurs, 13 indiquent (45%) que les objectifs fixés pour 2020 ne seront pas atteints, notamment dans la rubrique protection de la nature, 6 (21%) sont en bonne voie et 10 (34%) restent incertains. Les Etats n’ont pas suffisamment agi pour prévenir l’eutrophisation des espaces lacustres, réduire les engrais azotés, l’artificialisation des sols ou protéger les espaces naturels marins. Un seul objectif devrait être tenu: l’accroissement des surfaces forestières.

priorité au carbone

Signe des temps, les actions menées pour décarboner l’économie européenne sont en bonne posture. 4 politiques sont en bonne voie d’achèvement: la réduction de la consommation des ressources naturelles, la baisse des émissions de gaz à effet de serre (-20% entre 1990 et 2020), le verdissement de la production d’énergie (20% de renouvelables en 2020) et le nombre d’emplois verts. Parmi les points de ce chapitre qui resteront noirs: l’évolution de la consommation de protéines animales, les émissions de GES imputables au transport, la fiscalité environnementale. Le succès de bien d’autres programmes reste incertain: taux de recyclage des déchets municipaux, baisse de la production de résidus, consommation d’eau, efficacité énergétique et consommation d’énergie des ménages.

insécurité sanitaire

Pour la préservation des citoyens, seuls deux feux sont au vert: la baisse des principaux polluants atmosphériques (SO2, NOx, PM2,5, COVNM) et la qualité des eaux de baignade. L’amélioration de la qualité de l’air urbain et la protection des Européens vis-à-vis du bruit sont d’ores et déjà classées dans la rubrique échec.

Peu glorieux, ce bilan marque, de plus, une dégradation de l’efficacité des politiques engagées. Dans les précédentes évaluations, 18 politiques (62%) donnaient des résultats intermédiaires cohérents avec l’objectif final, 7 (24%) étaient incertaines, et seulement 5 (12%) n’étaient pas dans les clous, dont la protection des oiseaux, la production de déchets et la contribution à l’effet de serre des transports. Déjà.

 



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