Baisse de la fertilité: les chiens aussi

Le 22 août 2016 par Romain Loury
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Un syndrome qui touche aussi les chiens
Un syndrome qui touche aussi les chiens

Moins de spermatozoïdes, plus de malformations génitales… observé depuis plusieurs décennies, ce phénomène, imputé aux perturbateurs endocriniens, n’affecterait pas que l’homme. Selon une étude britannique publiée dans la revue Scientific Reports, les chiens verraient aussi leur fertilité s’effondrer.

On l’appelle syndrome de dysgénésie testiculaire: outre une baisse de la qualité du sperme (spermatozoïdes moins nombreux et plus souvent anormaux), il comprend le cancer du testicule, l’hypospadias (défaut de fermeture de l’urètre, canal urinaire situé sous la verge) et la cryptorchidie (non-descente des testicules). Sa fréquence ne cesse d’augmenter, notamment en France.

L’homme ne serait pas le seul à en être affecté: partageant le même environnement, son meilleur ami, le chien, serait aussi touché, comme le suggère l’étude publiée par Richard Lea, chercheur en biologie de la reproduction à l’université de Nottingham, et ses collègues.

Menés sur un total de 216 chiens mâles (labradors, golden retrievers, bergers allemands, etc.) suivis entre 1988 et 2014, soit 1.925 échantillons de sperme analysés, ces travaux montrent une nette baisse de la qualité du sperme, de la même ampleur que celle observée chez l’homme, au fil des ans.

Moins de spermatozoïdes normaux

Entre 1988 et 1998, les chercheurs relèvent ainsi une baisse annuelle de 2,5% du nombre de spermatozoïdes présentant une mobilité normale. Après un interlude jusqu’en 2001, au cours duquel les chiens les moins fertiles ont été retirés, la baisse se poursuit, à raison de 1,2% par an entre 2002 et 2014.

L’équipe observe aussi une hausse de la fréquence d’hypospadias chez les chiots, ainsi qu’une raréfaction du taux de mâles à la naissance, phénomène que quelques études ont également suggéré chez l’homme.

Probablement en cause, les perturbateurs endocriniens: parmi eux, les chercheurs pointent en particulier le phtalate DEHP et le PCB153, qu’ils retrouvent en abondance dans les testicules de chiens, mais aussi dans plusieurs marques commerciales d’alimentation canine. Selon des expériences menées in vitro, ces deux substances, souvent présentes chez l’homme, semblent bien altérer la mobilité des spermatozoïdes.

«C’est la première fois qu’un tel déclin de la fertilité masculine est observé chez le chien, et nous pensons qu’il est dû aux contaminants environnementaux (…) bien que d’autres recherches sont nécessaires pour confirmer un tel lien, le chien pourrait bien constituer une sentinelle pour l’homme», commente Richard Lea.



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