Bœuf aux hormones: l’UE et les Etats-Unis mettent fin au litige

Le 14 mars 2012 par Romain Loury
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Le Parlement européen a voté mercredi 14 mars une augmentation des importations de bœuf nord-américain sans hormones, afin de régler un vieux litige opposant l’UE, les Etats-Unis et le Canada.

Le différend remonte à 1988, lorsque l’Europe refusa de goûter à cette viande nord-américaine, craignant pour la santé des consommateurs. Une précaution qui lui a valu (hormis le Royaume-Uni) des sanctions commerciales en 1999, avec une hausse des droits de douane américains et canadiens sur plusieurs produits: viandes bovine et porcine, roquefort, truffes, jus, moutardes, confitures, chocolats, etc.

Afin de régler le différend, l’UE s’est engagée en 2009 à augmenter ses quotas d’importation de bœuf américain et canadien «de haute qualité», c'est-à-dire sans hormones, en échange d’une levée totale des sanctions. C’est la seconde phase de ce règlement à l’amiable qu’a approuvé mercredi le Parlement européen, à 650 voix pour, 11 contre et 11 abstentions.

Selon ce règlement, l’UE s’engage, à partir d’août prochain, à augmenter ses importations de bœuf sans hormones à 48.200 tonnes annuelles, soit 45.000 t des Etats-Unis et 3.200 t du Canada [1]. Contre un total actuel de 20.000 t, fixé en août 2009 pour la première phase.

Sans attendre ce vote attendu, les Etats-Unis et le Canada ont déjà levé toutes leurs sanctions commerciales courant 2011 –elles avaient déjà été réduites de 68% en 2009. Parmi les principaux bénéficiaires, l’Italie (plus de 99 millions de dollars d’échanges - 76 millions d'euros), la Pologne (25 M$ -19,2 M€), la Grèce et l’Irlande (24 M$ chacune -18,43 M€). Pour la France, le gain est de 13 M$ -10 M€), indique le Parlement européen dans un communiqué.

De son côté, le département américain à l’agriculture (USDA) a annoncé vendredi qu’il allait revoir sa politique de protection vis-à-vis de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), ce qui devrait conduire à la levée de l’embargo mis en place en 1997 sur le bœuf européen.

Dans un communiqué, il annonce qu’il va recourir aux catégories utilisées par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) pour classer les pays selon leur risque d’ESB. Les Etats-Unis devraient ainsi ouvrir leurs frontières au bœuf produit dans des pays à risque négligeable et ceux à risque maîtrisé, dont font partie la France et la plupart des pays de l’UE.

[1] Selon le parlement, les répercussions sur le bœuf européen sont «limitées», ces 48.200 t équivalant à 0,36% du marché.



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